‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 160 sur 178 · LIVRE !t. CHAP. VM · texte numérisé non relu

LIVRE !t. CHAP. VM

mens, d'effroi, m 9 ouvrirent leurs cœurs à la pitié , et donnèrent du pain et de l'argent au reste des ha bilans d'Estavayer \ Ils attendirent èn vain que le comte de Romont osât délivrer ou venger la ville * 83 . Hs incendièrent l'intérieur de l-indestructible château 884 , mais non les maisons des citoyens**.

*" • Pleurs et gémisse mens tant de femmes que d'enfina que c'était grand pitié. • Chron. d» Neuch. « Grandes et lamentables plaintes qui faisaient naître la compassion dans tous les cœurs. » Schilling.

* > Le massacre fini , il ne se trouva dans la ville qu'environ dix ou

• douxe bourgeois (Chroiu de la guerre de Bourg., ch. 22). Quelques ■ autres , sans doute , s'étaient sauvés par le lac , avant l'issue fatale. La » tradition n'eut donc pas grand'chose à inventer pour rendre ses récits

• plus saillans : suivant elle, cinq ou six jeunes garçons ayant fris , au

• milieu du tumulte et de l'eiïroi , une des nacelles amarrées sur le bord f » gagnèrent sans peine Grandson , dans un pays où chacun est un peu

• pécheur et batelier. Ils furent très-bien accueillis , et ce sont eux qui » repeuplèrent leur ville natale ; de là vient qu'aujourd'hui encore les

• bourgeois de Grandson appellent ceux d'Estavayer leurs enfans. » Olivier, p. 728. C. M,

»•» Trois jours, selon Sehilling, quatre ou cinq , selon la Chron. de Neuch.

» 8 * On travailla toute une journée inutilement • à force de marteaux pics et engins , . après quoi l'on brûla tout ce qui était en bob. Chron. de Neuch.

*• 11 y a dans le protocole des missives de Berne une lettre intéressante du gouvernement au commandant, aux bannerets et aux conseillers des milices , écrite à l'occasion des atrocités commises à Estavayer. Le gouvernement les sollicite au nom des aïeux, de la religion et de l'humanité de réprimer ces sortes d'horreurs qui déshonorent le courage t « c'est

• par là que nos ancêtres ont conquis fortune, victoire et salut.... Ces

• duretés inhumaines, contraires à tous nos anciens usages, pourraient

• nous attirer la vengeance de Dieu et des saints.... Il est à craindre que

• si nous nous montrons ingrats envers le Dieu tout puissant qui , en » toute occasion , nous a si entièrement accordé son secours, sa gr&ce et

• la victoire , il ne retire de dessus nous le bouclier de sa protection » bienveillante. » Cette missive fut fort mal reçue des chefs, qui crurent y voir des reproches ; ils y répondirent avec vivacité. On leur répliqua qu'ils ne devaient point prendre en mauvaise part ce qui avait été dit I

Des troupes de Fribourg et de Berne se répandirent dans tout le pays de Rom on t. Bientôt se rendirent ie fort château de la Molière, sur sa colline qui domine un vaste horison 385 , Rue avec son château sur un rocher voisin 386 , et peu après, lorsque la vieille tour au bas de la montagne eut été forcée, Romont, le cheflieu lui-même, bâti sur une belle colline 387 ; Pierre de la Baume, qui avait déjà perdu Illens, se vit aussi enlever Attalens 388 . Le chef-lieu du Pays-de-Vaud, Moudon, apprenant que des députés de Berne, de Fribourg et de Soleure, suivis de cent hommes d'armes, approchaient pour exiger le serment de soumission, leur envoya, à une lieue et demie, les clefs de la ville 389 .

Précédées par les terreurs de la journée d'Estavayer 390 , les bannières s'avancèrent contre Yverdun. Cette ville était défendue d'un côté par le lac, de l'autre par une grande plaine marécageuse peu sûre , au travers de laquelle les eaux des lacs du Jura arrivent

bonne intention , qu'on n'avait nullement songé à accuser des hommes qu'on savait si sages et doués de toute piélé chrétienne. Voyei Ge- $chichtfor$cher, L VI , p. 804-506. C. M.

"* « Que Jules César appelle dans ses commentaires oculas HeUttiœ. D'AU, IV, 550. Est il possible de débiter de pareilles fables sous le nom d'histoire !

>M Conquis par Rodolphe de Speichingen de Berne , Jacques Felga et Pierre Buginet de Fribourg. Chron. frib. Ce fait se passa le 19 octobre.

»" Le 23 octobre. Didier d'Endlisperg devint avoyer. Ibid. m II fut pris par la garnison qu'on mit dans Romont. Chron. deNeuck.

"° c Afin qu'elle fût mémoire aux autres pour tous les temps à venir. » Tel fut le but , exprimé par la Chronique. = Cela fut rendu en 4798 , en vertu des décrets de l'éternelle justice. D. L. U.

Page 1