LIVRE IV. CHAP. VIII
vers ses murs, sous le nom de Thielle 89 x 9 souvent en flots enflés et impétueux. La ville d'Yverdun s'était relevée, après un incendie, plus belle et plus forte. Défendue par trois cents hommes sous les ordres de Pierre de Blay 392 , elle était dévouée à son seigneur qu elle venait de voir, et par reconnaissance envers lui 393 et en haine des Allemands. L'avant-garde ayant inutilement tenté de s'emparer du pont et d'une porte au moyen d'une longue chaîne tendue par-dessus la Thielle qui coulait à grands flots*, le corps d'armée parut dans le faubourg et dans les jardins environnans, d'autant plus impatient que chacun voulait du mal à cette ville, et que Berne, las d'une résistance imprudente, avait ordonné de la châtier. C'était la coutume de Berne de punir l'orgueil et d'épargner l'inno-
1,1 Elle traverse ou forme dans la partie élevée du Jura les lacs des Rousses et de Joux , sort de celui-ci en filtrant à travers les rochers pour former l'Orbe , nom qu'elle abandonne entre Orbe et Yverdun a sa jonction avec le Talent. An sortir du lac de Neuchatel eUe conserve le nom de Thielle, traverse ou aide à former le lac de Bienne, et se jette enfin dans l'Aar. Peu de rivières ont un cours plus romantique. ■= Avant son entrée dans le lac de Joux , elle porte le nom d'Orbe. C. M.
192 Chron. de Neuch. Schilling : Plus de 250 arquebusiers. 1,1 Voy. chap. VU, n. 636.
' « Us étaient sur le point d'entrer dans la ville , lorsque plusieurs
> coups tirés des murailles , où l'on était tout prêt 5 les recevoir , les
• forcèrent d'abandonner ce dessein peu honorable. — Ce n'est pas le
> seul trait, ajoute M. Olivier (p. 730), queMuller ait adouci. Dans son
• enthousiasme pour les vainqueurs t il ne se montre pas toujours bien
• généreux envers d'obscures souffrances, qu'un mol de lui pouvait ren-
• dre à jamais sacrées. — Sur Yverdun, en ces temps, Grenus , Doc.,
cence 894 *. Les Yverdunois, voyant le danger, avaient imploré la médiation du comte Jean-de-Valangin. Il accourut. La colère animait les troupes; la ville semblait facile à prendre. Quelques-uns des chefs, encore émus des scènes épouvantables d'Estavayer, ou par égard pour le sire de Valangin, ou calmés par quelque autre motif, obtinrent qu'on permît à Pierre de Blay de sortir avec les honneurs de la guerre, à condition qu'Yverdun prélat serment aux villes confédérées; une somme d'argent 394 la préserva du pillage et des autres maux de la guerre 396 .
Le gouvernement bernois avait l'habitude de donner à ses troupes en campagne des conseils plutôt que des ordres. Quand on a bien choisi les chefs et qu'ils connaissent le but, on doit leur laisser le choix d< s moyens appropriés aux circonstances; de grands royaumes sont tombés parce que les généraux n'avaient obtenu ni la communication des plans, ni la liberté d'agir à leur guise**. Berne n'approuva ni n'annula la convention avec Yverdun 397 , mais donna à entendre aux généraux qu'il ne fallait pas se fier aux sermens tant que l'ennemi conservait la possibilité de les
m « Noua approuvons que vous laissiez la vie aux pauvres paysans , » car il n'y a pas de leur faute. • Berne à ses milices en campagne, jeudi av. Simon Jude.
• Principe oublié depuis, rappelé en mémoire par la révolution. D. L. U.
Cinq bourgeois servirent d'otages. Chron. de Ncuch.
>" On interdit l'entrée de la ville aux soldats.
** Ulm , Jéna, Eylau, etc., en ont fourni de nouvelles preuves; peutêtre môme Eckmûhl , Gross-Aspern , Wagram. D. L. IL
M7 Berne aux milices en campagne : • Consultez vos concitoyens sur la manière de traiter Yverdun ; on devrait bien raser les murs. •