‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 162 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VH · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VH

violer avec succès 398 , et que les terreurs de la vengeance étaient utiles dans une guerre de châtiment 3 ".

Les bannières se portèrent vers Orbe 400 ; des partisans éclairèrent, nettoyèrent, pillèrent le pays jusqua Aubonne 401 . On en aperçut quelques-uns du haut de la tour qui domine le défilé, -le château et la petite ville des Clées. Aussitôt le commandant, messire Pierre de Cossonay, fit mettre le feu à la ville, qu'il ne trouvait pas tenable ; les habitans se retirèrent avec leurs meilleurs effets dans le château , qui paraissait muni contre toute attaque par quatre solides portes, chacune fortifiée encore par des ouvrages. Le conseil de la guerre siégeant à Orbe , informé de leur résolution et de la présence au milieu d'eux des hommes qui avaient assassiné les commissaires bernois et fribourgeois, envoya mille hommes sous trois capitaines distingués 402 . Ils marchèrent avec joie. De grand matin , après la messe et le déjeûner, ils prirent, outre leurs hallebardes, beaucoup de houes et de haches, se pourvurent de longues et larges planches, avec lesquelles le temps et

m . » Hs ne comptent pas pour long-temps snr les sermens de Moudon, Romont et Rue. •

M » «Salue* en passant les Clées, La Sarrai etTschawa 1 , ils l'ont mé- • rité. » «Timour élevait des pyramides de têtes. D. L. H.

400 Schilling déplore qu'on soit passé si paisiblement par Yverdun.

401 Ils épargnèrent Bavois, propriété de Jacques de Ligerz , bourgeois de Berne, qui y demeurait; en revanche Cheseaux fut pillé. Chron. de Neuch. On ne fit aucun mal à Aubonne, qui appartenait au comte de Gruyères.

*•* Henri Dittlinger , fondateur de la tour de Dittlinger à Berne , se distingua éminemment dans cette guerre; nous avons vu Jean de Vôgeli de Fribourg près de Grandson , et la Chronique de sa ville mande qu'il renouvela sa gloire à la journée des Clées ; Urs Stsger de Soleure avait enlevé deux bannières à Orbe (Ilaffner).

* Voyet pltu loin, n. 43o. C. M.

vu. a a

le lieu ne leur permirent pas de construire un chat, appuyèrent des échelles contre le rocher, et arrivèrent à travers boulets, balles et pierres au milieu de la colline, base de la première muraille. Leurs efforts demeurèrent inutiles jusqu'à ce qu'ils eurent renforcé leur principal moyen dè défense et que leurs arquebusiers eurent un peu dégarni les créneaux. Les assiégés s'aperçurent alors qu'il était plus facile de pénétrer par les murailles dans le château que par les portes dans les cours ; quelques-uns, voyant l'ennemi concentrer l'assaut sur un point, cherchèrent à se sauver du côté opposé par des sauts hardis, mais ils se tuèrent contre les saillies du rocher perpendiculaire.

tira dans la tour du donjon; son exemple fut suivi avec tant d'empressement par la fouie, que plusieurs furent étouffés prèsde l'étroite entrée. Les Suisses pénétrèrent par une brèche de la muraille, et tuèrent le bailli et tous ses gens. Us se mirent aussitôt à miner la tour au moyen du feu et à inquiéter parles flammes et la fumée les gens qui s'y étaient réfugiés ; ceux-ci finirent par demander à capituler, à condition qu'on les laissât sortir en liberté. Aigris par leur précédente opiniâtreté, les Suisses refusèrent. Pendant long-temps, Pierre de Cossonay offrit en vain une grande quantité d'or et d'argent, non plus pour sa vie, mais pour obtenir un confesseur avant de mourir. On ne lui«accorda cette dernière consolation des chrétiens catholiques que lorsque des Suisses prisonniers 403

*•* Un boucher fribe-urgeois. Schilling. Des Bernois. Bullinger. Nous avons fondu dans notre récit sa Chronique , celle de Nuuchalel et l'histoire de Schilling.

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