‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 164 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VIII

des hommes, les cimes du monde d'alors 413 , encore dorées par le soleil, il ne se trouva parmi la forte garnison que le comte de Romont entretenait à Morges, pas un seul homme assez hardi pour achever le repas du soir 414 . Dès que les soldats se furent enfuis à cheval, à pied, par terre, par eau, en Savoie, à Genève, dans l'intérieur du pays, la ville et le château s'empressèrent de porter leurs clefs. La terreur poursuivit les*fuyards : ils jetèrent leurs armes dans les maisons, dans les rues, sur la grande route ; ils se sauvèrent en foule par Nyon et par Coppet à Genève, et descendirent le quartier de Saint-Gervais avec une hâte si désordonnée que beaucoup d'entr'eux furent précipités des ponts de l'île dans le Rhône 415 . Lausanne reçut dans ses murs la bannière zuricoise, forte de quinze cents hommes, sous les ordres de Jean Waldmann 416 ; jour et nuit accouraient de toute la Suisse des guerriers, seuls 417 ou par bandes.

Toutes ces troupes aspiraient à s'emparer de la ville de Genève pour la châtier : ses habitans, dévoués à la Savoie et à la Bourgogne, avaient insulté l'ambassade

*" Le Pérou n'était pas encore découvert ; = ni le Thibet suffisamment connu. CM.

414 La garnison était de plusMe 3,000 hommes. Schilling : le comte de Romont avait fui avec une grande partie deux jours auparavant; do t2 à 1300 se trouvèrent réunis ce soir-là, «ensemble tout le ressort. • Chron. de Neuch.

415 Schilling, 242. Trois jours après la terreur de Rossbach (5 novembre 1757) , bon nombre de vaincus crurent encore sentir l'épée de l'ennemi dans leurs reins.

*•• Bullinger.

* i7 Berne à ses milices en campagne, jeudi av. Simon Jude t • Ils passent continuellement par notre ville et dans les environs, et courent à leur» aventures. •

bernoise qui venait de remplir sa mission auprès du roi de France 4,8 > et, sur la proposition de 1 evêque, les syndics et le conseil avaient récemment armé six cents hommes , en réalité contre les Confédérés 4I9 . L'exaspération des Suisses et le peu de moyens de défense de Genève faisaient craindre la destruction de cette cité ; grande perte pour plusieurs villes d'Allemagne qui avaient là un entrepôt de marchandises 420 , de même que pour les Bernois à qui le péage de cette route commerciale rapportait beaucoup. Dans cette perplexité se présenta avec une dignité modeste 421 , une députa tion du clergé et de la ville de Genève. Elle réussit à disposer favorablement les chefs 422 . Les premières exigences furent si exagérées que la plus grande partie des fortunes particulières des Genevois eût à peine suffi à y satisfaire 423 . On finit parles réduire des trois quarts 42 *

41s Berne à Strasbourg , dira. ap. Simon J. : • Us ont aussi attaqué feu notre brave chevalier Nicolas de Diessbacb. » Schilling, 242 : et Jean de Sillinen. Ils ont transféré le premier d'une autorité à l'autre ( à quoi l'on n'était pas accoutumé alors). Berne à ses milices en campagne, 11,000 vierges : • Genève promit 12,000 florins , mais ne les paya pas ; » était-ce

pour cette offense?

419 Sj>on, H Ut. de Genève. L'évôquecn avait demandé 2,000.

* 2 ' Constance , Augsbourg , Nuremberg. Bullinger.

m « En fort bon ordre et belle ordonnance. • Chron. de Neuch.

1,1 « On donna aux capitaines et aux chefs une forte somme d'argent, qu'ils ne dédaignèrent pas. • Schilling. 600 couronnes. Chron. frib.

*** La fortune des Genevois fut évaluée à 499,700 florins (sans doute de petits florins genevois de 12 sous [neuf sous de France] ). Senebier ttisti littér. de Genève, I, 48. On demanda 100,000 florins dn Rhin. Schilling, 243.

*** A 26,000 florins. Id. Chron. frib., 26,000 couronnes. Spon , 2,800 écus d'or. Cela se peut; il fallut satisfaire à quelques réclamations particulières. Schilling. Berne à ses milices en campagne, jeudi av. Simon J. : «x\ous sommes Irès-fachés qu'on passe si facilement sur les paioles et les actes par lesquels les Genevois nous ont offensés. » =* Mullcr

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