‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 2 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

passait de beaucoup la plupart des princes en grandeur, en beauté, en vigueur corporelle, en intelligence et en ardeur; il s'était trouvé le premier et le dernier à plus de batailles que d'autres n'en avaient lu ; dans tous les jeux chevaleresques il avait vaincu ses adversaires, dix-sept fois couvert du casque et du bouclier, les autres fois sans cette annure : lui-même n avait jamais été désarçonné 6 . Les villes du voisinage jusqu'à Schaff bouse étaient unies par une alliance triennale ; les princes , les seigneurs et les chevaliers , par une alliance de quatre ans 7 ; plus forte que les traités, une discorde incurable incitait ceux-là même qui ne s'étaient pas encore déclarés 8 .

Le margrave éleva contre la ville de Nuremberg, ea qualité de bourgrave et de seigneur-justicier, diverses prétentions que le temps avait rendues incertaines et -dont la réalité dépendait des circonstances 9 . Suivant la coutume, des évènemens récens lui offrirent une occasion favorable de les faire valoir 10 . Par bien^es motifs une entière réconciliation n'était* ni désirée ni possible ; aussi, à une conférence tenue dans le but d'une prétendue médiation 11 , un tiers mentionna-t-il , comme en passant, que le margrave se contenterait actuellement d'une somme de cent vingt m^lle florins. Mais la 6erté des bourgeois n'eut pas même consenti à payer

6 JEnea» Sylvius, de Statu Europœ, c 81.

7 Depuis 1446. Fùulin, 1. c.

• Mutius, Chron. Germ. 1. XXVIII, ad finem.

• Hœberlin, But. de l'Empire, VI, 264, etc.

40 Elle lui fut fournie par Conrad de Heidek, autrefois son vassal, alors bourgeois de Nuremberg.

11 A Rothenbourg. Crusius, Chron, Souabe, t. III, 1. 1, ch. 7. On a confondu cette conférence avec celle de Bamberg, qui eut lieu plus tard.

une somme bien inférieure 12 . Le hérault d'Albert se rendit aussitôt à cheval dans la ville de Nuremberg, la déclaration de guerre attachée au haut d'une lance 13 . Dix-sept électeurs et princes , les plus considérables de l'Empire 14 , quinze évêques, quarante comtes, le juge provincial du landgraviat, Jean de Seckendorf et sa famille, Redwitz, l'ennemi des paysans lh , le vaillant Rechberg , Bùnau , quatre de Rotenhan et toute la noblesse de Franconie déclarèrent la guerre à cette cité. A leur tour, soixante-douze villes impériales la dénoncèrent au margrave. Nuremberg comptait plus de trente mille bourgeois 16 ; la police était entre leurs mains 17 ; les provisions abondaient ,8 . Comme il arrive souvent , ce furent les innocens qui pâtirent. Deux cents villages florissans furent brûlés, les récoltes ravagées ; les habitans de la campagne périrent victimes d'une courageuse défense ,9 . Plus exercés aux armes, les seigneurs vainquirent dans huit rencontres 20 . A la lin, près de Pillevent, l'orgueil railleur d'Albert 21 fut ré-

11 BurkhardZengg, de Memmingen, Chronique fÂugsbourg. Oefelein, I, 274.

11 Le jour de la Visitation de la Vierge 1449. Crusius.

14 Les électeurs de Mayence et de Brandebourg, Albert d'Autriche, Guillaume de Saxe, 0|fron de Bavière, Brunswic, Hcsse, Poméranie, Bade, etc.

15 C'était son surnom. Fugger,

16 Rosenpluctt : • Lorsque 8000 hommes se mettaient en campagne, Nuremberg ne perdait pas le quart de sa population. »

17 Crusius a publié l'ordonnance de police; elle est bonne. 14 Rosenpluett en raconte des merveilles.

19 A Ullzhofen Albert épargna Kiserlin qui lui avait fait une blessure, attendu que ce paysan s'était battu vaillamment. Crusius,

20 jEneas; Hartmann Schedcl dans Oefetcin, I, 593 ; Stetten, Chron. d'Augsb. I, 171.

21 II invita les Nu rembergeois à un repas où il leur servirait du poisson

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