LIVRE IV. CHAP. VI
nistration de la justice et à la défense du pays 447 ; tout le reste se décidait selon le droit privé 448 .
En général , l'influence de la Suisse était favorable aux sujets sans dépouiller les seigneurs. Zurich conrcilia dans cet esprit le gentilhomme de Bonstetten 449 et ses sujets de Gambs 450 : impôt modéré 451 , dime légitime 452 , droit de meilleur catel équitable 453 , corvées restreintes à l'utilité publique 454 , amendes telles quelles sont dues au gentilhomme, juge suprême 455 ; pour les sujets , liberté personnelle 456 , liberté de mariage, de parcours, de pacage, d'établissement, prompte et bonne justice 457 , voilà ce qui fut garanti.
447 II nomma pour la ville et le comté quatre membres du tribunal provincial ; des gens libres et des walser marchent sous ses ordres avec lance et bouclier. Ch. de fVésen 1*67.
m Les contributions foncières se payaient au seigneur dont on relevait. Ibid.
**' Noble et ferme gentilhomme André Roll de Bonstetten à Uster, bourgeois de Zurich (et de Berne).
**• C'est là la ch. de Gambs, 1468, que pendant long-temps leshabitans ont prise pour une ch. de complète liberté. Leu. De semblables traditions ne prouvent que l'importance d'un document.
451 II est réservé par là qu'on ne se dessaisit d'aucun droit en faveur de l'Autriche.
4iî Pour la propriété primitive et pour le soin de la sûreté. M Pour le plus âgé de chaque feu. Souvent plusieurs frères mariés faisaient ménage commun.
"* Pour le moulin , le pilon , la teinturerie.
*** Le bien du meurtrier appartient au seigneur; le corps du mort, à ses amis; au seigneur encore , les amendes de ceux qui ne veulent pas s'engager à garder la paix.
4 " Celui qui peut fournir caution ne sera ni enfermé dans la tour de Hohensax ni mis aux ceps , à moins qu'il ne s'agisse d'un crime capital. Gambs relevait de Hohensax.
447 Assises périodiques en mai et en automne ; celui qui invoque le droit ne doit être puni que selon les formes du droit. Du reste il n'y a point d'appel.
Où la force décide il n'y a pas de sûreté, même pour le plus fort; car la liberté sans lois est aussi impossible que la loi est peu stable quand elle repose , non sur le passé et le présent du pays, mais sur des idées arbitraires.
Lorsque le dernier comte de Rarogne eut vendu le Tokenbourg à l'abbé de St.-Gall, Sclvwyz et Glaris obtinrent que celui-ci leur abandonnât Uznach pour une somme un peu plus forte que le prix de l'hypothèque 468 .
Les familles de Montfort, en possession des seigneuries héréditaires de Sargans, Werdenberg et Praetigau, trouvaient dans les Suisses, dont ils étaient combourgeois, d'utiles médiateurs pour leurs différends avec des sujets inquiets 459 ou avec d'autres seigneurs. L'association des chevaliers du bouclier de St.-George, composée de beaucoup de comtes, de seigneurs, de chevaliers et d'écuyers de Souabe , et fondée sur les principes les plus louables 4G0 , ne put empêcher la lutte dans laquelle Jean de Rechberg fut tué par ses ennemis du parti de Klingenberg, et beaucoup de châteaux et de bourgs du Hégau furent dévastés 461 . Lorsque la
* M Acte d'achat, Chandeleur 1469; pour 3,550 fl. Tsckudi.
• M Plainte du comte Guillaume contre ceux de Nidberg, fondée sur la convention de Wésen, qu'ils ont jurée, mais ne veulent pas tenir; mercredi ap. Bonif. 1467. Tschudi. Recës de Lucerne , av. le carnaval des prêtres, 1468; les Ob«rlandais ne se réconciliaient pas encore avec leur seigneur.
46» voy. la Ch. jeudi avant Oculi 1453, conclue pour trois ans. Dans Bùrgermeisier, Archives de la chevalerie d'Empire, 1, 42»
A6i 1464 ; Monitoire de Sigismond au comte Jean de Werdenberg, 19 nov. ; Chron. EUvcang., dans Freher Scriptt., I, 688, où «adhaesit» signifie, non pas il prit son parti , mais il s'attacha à lui comme le chien au lièvre, comme Asahel à Abner, II Sam. II, 19, 21.