LIVRE IV. CUAP. YK
sans déclaration de guerre préalable* 6 , elles furent condamnées à payer le dommage 37 .
Les Confédérés mettaient l'amitié et la justice audessus de toute autre considération, c'est là ce qui les rendait si forts. Frédéric, électeur palatin, que ses ennemis surnommèrent le Méchant™ , et l'histoire le Victorieux, prince si éminent par son activité, par sa sagesse et par toutes les grandes vertus, qu'il était l'appui de l'Allemagne et à quelques égards de la chrétienté 39 , Frédéric aimait chez les Confédérés 40 ce qui le caractérisait lui-môme, la loyauté et le courage. Aussi, lorsque les comtes de Lûzelstein 41 l'inquiétèrent pendant les premières années de sa domination, les Suisses marchèrent à son secours, et lui aidèrent à conquérir le château , la ville et le territoire de ses ennemis, lesquels sont demeurés incorporés au palatinat jusqu'à nos jours 42 .
Les Suisses cherchèrent à obtenir de la France le bien le plus désirable pour les deux pays, la sûreté. Ils firent, à cet effet 43 , des propositions amiables : Charles VII, qui avait envoyé contre eux les Armagnacs 44 , y souscrivit. Cette première alliance avec la
" La première sentence wurtembergeoisé. Ibld. t. U» 67X.
17 La seconde, 573.
îs Le méchant Fritz. Pareus.
• On disait qu'il était le seul qu'on pût opposer aux Turcs. Voy. Pareus, Hist. Paint., 228 ; on trouve plus de détails et des pièces justificatives dans Fréher et Kremer, qui ont spécialement écrit sa vie.
49 Particulièrement chez les Scbwyzois. TschudL
41 Burkhard et Guillaume.
** Tschudi, II, 570; Schdpflin, Alsat. illusir. II, 197.
43 « Desirans fort de s'allier au sceptre des lys. » Première alliance dans le Comincs de Lenglet du Fresnoy, t. III, 366.
44 Les cantons, dans leur charte, se réfèrent a cette guerre qui n'avait été terminée qu'avec le dauphin.
France 45 , confirmée par le roi dans son château de plaisance de Montils 46 , renfermait, comme véritable loi fondamentale, le principe du bon voisinage avec des garanties réciproques contre tout passage hostile de troupes , et contre toute espèce de troubles causés à une des parties ou à ses alliés par suite de la liberté du commerce et des communications. Depuis que les vieux Helvétiens Gaulois, soumis ou alliés, avaient marché avec les Romains; depuis que la domination franke s'était éteinte sous les Carlovingiens ou avec eux 47 , cette alliance fut le premier rapprochement amical 48 entre les rois de France et une confédération qui fit surgir dans l'Helvétie le nom d'un nouveau peuple 49 .
Peu après ces événemens, une ville importante pour la Confédération 50 fut tirée de sa situation équivoque
45 La charte des neuf Cantons (Soleure compris) est du 8 novembre 1452 ; Tschudi en rapporte le texte latin avec une traduction contemporaine et avec les variantes d'une autre copie, t. II, 567 et suiv. Il donne aussi en latin et en allemand la charte royale du 4 avril 1453; elle se trouve en français à l'endroit déjà cité du Comines de Lenglet du Fresnoy.
* 8 • In Mon tiliis prope Turonis. » Ce document porte la date du 27 février 1453, quoique la signature soit de 1452, parce que l'année ne commençait pas toujours à la même époque. L'échange peut avoir eu lieu le 4 avril.
47 879 ou 1032.
48 L'expédition des Armagnacs n'eut pas seule un caractère hostile, mais aussi la charte de Charles IV, qui promit au duc Léopold, battu près de Morgarten , de lui soumettre Unterwalden et Schwyi , s'il lui aidait à obtenir la couronne de l'Empire romain.
49 Us sont nommés dans la charte du roi t les cantons de la vieille ligue de la haute Allemagne. * Bientôt après ils figurent sous le nom de a Souysses. • Leur nom ô'Eidgenossen (Confédérés) fut changé en Huguenots, comme nous le montrerons plus tard.
M • Qui, dans les temps à venir, pouvait acquérir trop d'importance.