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LIVRE IV. CHAP. VI

obtenir le renouvellement de leurs franchises dans un moment où une paix durable n'avait encore ni rétabli les anciennes relations ni consolidé les nouvelles 476 . Les Cantons permirent volontiers que des chartreux relevassent Ittingen , fondation des vieux Truchsess, jadis favorisée par le grand Guelfe , alors réduite à la dernière misère 477 . Ils confirmèrent à perpétuité à la maison des chevaliers de St.-Jean de Lûtgern la protection accordée pendant les hostilités 478 .

L'archiduc Albert, seigneur de cœur et d'intelligence, qui honorait la Confédération helvétique, parce qu'il la connaissait depuis son enfance, résolut de former une alliance de vingt ans entre l'Autriche antérieure et la Suisse 479 . Sa mort subite fit échouer ce plan , un des meilleurs qu'il ait formés 48 °. Bien que quelques gentilshommes ne sussent pas se contenir 481 , le pays demeura tranquille pendant un certain temps encore sous Sigismond 482 ; les Suisses firent bon accueil môme à d'anciens ennemis irréconciliables 483 et dénoncèrent avec confiance aux tribunaux des viola-

471 Ch. de Liberté impériale, Neustadt, SL -Jacques, 1466. Tschudi. 477 Le prévôt , resté seul au monastère , vendit même les cloches , 1461. Leu.

m Lettre de protection des cantons qui gouvernent le comté de Bade. Lucerne, Toussaint, 1467. Tschudi,

Projet a? alliance, 1464. Ibid. L'année ne commençait pas partout à la même époque.

8 décembre 1468. Tschudi date déjà de 1464. Il l'appelle avec raison « un seigneur agissant. »

411 Friedingen continua de poursuivre par le ban la ville de Stein. Recés de Lucerne, Jubil. 1468. Tschudi.

*« Héritier d'Albert. H Ut. de l'Autriche antér. t H, 168 et suiv. 4 " Sauf-conduit accordé à Jean de Rechberg se rendant aux bains avec 16 ou 17 personnes. Recés de Lucerne, 1468 (peu avant sa mortj. vu. 6

teurs de la paix publique 484 . Le comte Jean de Thengen, ruiné par des guerres 486 et des procès 486 , vendit à l'archiduc pour environ trente-six mille florins 487 le landgraviat de Nellenbourg, près des frontières de la Suisse 488 , l'antique et vaste juridiction de Nellenbourg et Madach, la forêt magnifique entre le Rhin et le Danube et un grand nombre de droits obscurs des anciens temps , dont l'interprétation dépend des circonstances.

Ces sortes de transactions n'occupaient guère les Suisses; ils étaient laboureurs et guerriers, premières professions de l'humanité , qui non-seulement se concilient avec la culture de l'esprit , mais la supposent. A ce dernier égard ils a étaient pas au-dessous des peuples voisins ; si dans des pays étrangers la science acquise donnait plus de lustre à quelques sa vans, chez eux on trouvait plus généralement une raison vigoureuse développée par l'expérience,- par là ils ont consolidé pour des siècles , et des siècles de bonheur, leur constitution compliquée * ; par là ils ont été les premiers grands maîtres et modèles de la tactique moderne; aussi, dans la guerre d'Augsbourg, une petite troupe de Suisses, sous les ordres d'Albert de Brandebourg,

484 Dépntation envoyée à Offenbourg, avec des plaintes sur la violation de la paix publique. Ibid.

4,5 Voy. ci-dessus à n. 152 et suiv.

448 Avec les Im Tburn, de Schaffhouse , auxquels le tribunal aulique avait adjugé Nellenbourg, Stockach et Eglisau, en 1*54. Us s'arrangèrent. fVaUtkirch, Chron. de Schaflh. Lui avaient-ils prêté de l'argent ?

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