LIVRE IV. CHAP. VI
fut -elle considérée comme le noyau de l'armée 489 . Quatre cents Suisses à la solde d'Adolphe de Nassau ayant principalement contribué à la prise de Mayénce, ils furent les seuls qui donnèrent aux malheureux des consolations et des marques de bienveillance 490 . On ne peut se défendre de quelque surprise en voyant, dans une même année , des Suisses armés pour et contre des princes du Falatinat bavarois 491 . Mais la Confédération, à l'égal de la société primitive, ne visait qu'à la sûreté; ce but une fois atteint, elle permettait à chacun d'offrir son bras à qui bon lui semblait, selon son intérêt ou son penchant : la patrie, qui ne se livrait jamais à un parti, et pour cela même s'inquiétait peu des changemens de fortune, restait tranquille au milieu de ces luttes armées, recherchée de tous*. Dans cet esprit, les Suisses évitèrent une alliance formeHe avec le riche duc 492 , mais l'échange amical de services offerts 493 ou demandés 491 subsista. Ils s'alliaient plus volontiers
4,1 ■ Lorsque les ennemis virent les Suisses , ils songèrent aussitôt à
• leur sûreté ; les Bavarois craignaient les Suisses si misérablement que
• ce fut merveille. » Burkhard Zengg, dans CEfelein, 1 , 287, 289. Paul de Stetten leur rend aussi le témoignage le plus honorable. HisU fAug»b.,l t 188.
m t Amice et humanîter. • Hclxmch, de Dimdio Mogunt.
4M Albert combattit contre Louis, et l'électeur Frédéric fut fadver saire d'Adolphe de Nassau.
* Pauvres raisons pour pallier une grande négligence. D. L. H.
* M C'est le titre que les recès donnent à Louis de Bavière-Landshut. Lncerne , jeudi ap. Innoc. 1469. Sur la proposition d'alliance faile par le comte palatin et les seigneurs de Bavière ( la maison entière ), voy. Recés de Lucerne, mercr. ap. Marc, 1466. Tschudi.
491 La médiation de l'Autriche. Recès de Zurich, Lucie. 1469. Tschudi,
4,4 De ne point vendre de beurre aux Augsbourgeois. Rccês de Luterne, Innoc. 69.
avec des villes dont les constitutions sont plus solides que ne Tétaient alors celles des États monarchiques 495 . De ce nombre fut Rothweil , cité prospère sur le Neckar, fort connue par sa cour de justice, et qui , après de longues années de lutte contre la violence et la ruse de gentilshommes du voisinage 496 , craignait maintenant pour sa liberté la puissance croissante de la maison de Wurtemberg 497 . D'autres villes encore, avant de résoudre des démarches importantes, consultaient l'opinion des Confédérés 498 .
Vers ce temps mourut Charles VII , roi de France, auteur de la première alliance avec les Suisses. Louis XI, qui, dauphin, avait commandé les Armagnacs, monta sur le trône (1461). Il ne trouva pas, comme son père, un royaume déchiré, épuisé par les plus violentes divisions et les ennemis les plus formidables, et que des miracles pouvaient à peine sauver ; la lutte séculaire entre la royauté anglaise et la royauté nationale était décidée ; les blessures de Crécy, de Poitiers et d'Azincourt, guéries ; des lois essentielles 499 , des impôts réguliers 50 °, une organisation militaire 50! préludaient à la sûreté et à Tordre : cependant Tesprit de parti n'était
4,5 Le comte palatin Frédéric ne fut il pas lui-môme en très-peu de temps ennemi et allié de Didier dlsenbourg , électeur de Maycnce? Etterlin, 18».
m De Klingenberg , de Hôwen. Stumpf, 395, b.
497 IJaflher. Alliance avec Rothweil pour quime ans. St. -Jean d'été, 1465. Tschudi.
m Ueberlingen demande s'il doit entier dans l'alliance du bouclier de Sl.-George. Hecès de Lucerne, Jubil. 1463. Tschudi.
493 Charles Vil jure l'inaliénabililé des biens de (a couronne. Remar- (fue$ particuL à la fin de son histoire par Hénault. La taille à perpétuité, U45.
» 9 » Compagnies d'ordonnances de gendarmerie et de tirailleurs , de la même année.