‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 43 sur 178 · LIVRE IV. CHAI». VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAI». VI

pas mort, il sommeillait. Toute réforme politique trouble d'anciennes relations par des mesures extraordinaires qui semblent d'abord des maux plus grands \ Ajoutez à cela l'extrême différence des caractères de Charles et de Louis, les défauts de l'un et de l'autre, leur influence égoïste, la vive attente de la vieille et de la jeune cour, l'absence de celle-ci, qui se trouvait en pays étranger. La fortune et la sagesse de la maison de Bourgogne avaient réuni en terres, en population, en trésors , une puissance que la France rte balançait qu'avec peine, et qui devait bientôt passer de la main respectable de Philippe dans celle de son fils, le plus entreprenant des hommes. Celui-ci détestait Louis XI.

Le roi , dans les premiers jours de son règne, écouta son ressentiment et les conseillers de sa jeunesse, ses compagnons dans des temps difficiles ; il renversa le tout-puissant maréchal de Dammartin 602 , et repoussa les ministres et les institutions de son père. Cet é\ènement , qui n'était pas imprévu , loin de les dompter, porta les grands à la résistance. Les nouveaux courtisans, usant indiscrètement sans doute de leur fortune 503 , l'intérêt public sembla justifier les mécontens. Le duc de Berry, frère du roi , toute sa vie instrument de semblables menées , consentit à passer pour le chef du parti; le prince héréditaire de Bourgogne en était 1 ame. L'héroïque vieillard Dunois, le noble Jean d'An-

* Cette réflexion si sensée aurait dû se présenter à l'auteur là où , par humeur ou par complaisance, il a parlé de la révolution de 1798 , devenue nécessaire , inévitable , par les motifs qu'il énonce t. VI , p. 420 , après la note 612. D. L. H.

501 Voyez l'histoire de sa chute, racontée d'une manière touchante dans les Preuves de Comines, II, 312; on lira aussi les autres doc u m en s jusqu'à sa réhabilitation en 1464.

Ml Voy. Manifeste de Ben y. H63. Comines, Preuves, II . 438.

jou , duc de Calabre, et quelques-uns des grands vassaux offrirent aux ennemis de la cour leurs idées et leurs ressources dédaignées. Louis n'avait rien d'imposant; la force de son esprit n'était pas encore connue. Si sa cavalerie brillait d'une gloire méritée, si ses fantassins se montraient vaillans et redoutables, ils considéraient pourtant la guerre comme un asile de la licence 604 ; les deux partis sentirent donc la nécessité de s'assurer des Suisses, élite de l'infanterie.

Berne était le siège des négociations concernant les relations de la France et de la Suisse , et la direction en était laissée avec une confiance illimitée à un petit nombre de membres du conseil , les plus illustres et les plus sages 505 . Il était essentiel, d'un côté, de faire servir à la défense de la patrie, contre les dangers incessant dune guerre autrichienne , la prépondérance que la France acquérait au milieu de toutes les puissances 506 ; de l'autre, de ne pas perdre l'amitié de son rival bourguignon, voisin immédiat, influent, et non moins puissant. Le renouvellement de l'alliance de Charles VII ne rencontra point de contradiction &07 . Le gouverne-

• C'étoit de bons hommes ( vigoureux compagnons) , mais la plupart » de sac et de corde , mécbans garnemens, échappés de la justice , mar- » qués de la fleur de lys sur l'épaule, esorillez, et qui cachaient les » oreilles par longs cheveux hérissez, barbes horribles, pour plus grand . effroi diabolique. . Brantôme, Vie des hommes UL, dise. 79, art. 1, p. 17 (t. Xde l'édit. de La Haye, 1740).

Nicolas de Scbarnachlhal, Henri de Bubenberg, Pierre Schopfer, Nicolas de Diessbach.

606 Par la réunion de tant et de si grandes provinces. L'Espagne était alors encore partagée en quatre royaumes, la Grande-Bretagne en deux , l'Allemagne en un nombre inGni de souverainetés.

M7 Ratification du traité d'alliance, Abbeviile, 27 nov. 1463, en latin ef en allemand dans Tschudi, en français dans Godefroy, Preuves de Co-

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