‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 45 sur 178 · LIVRE IV. CIIAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CIIAP. VI

Plus la haine et l'infidélité brouillaient la France et la Bourgogne, alors que le respect pour le vieux duc maintenait à peine encore les apparences de la paix 525 , plus les deux partis rivalisaient d'ardeur à gagner la Suisse. Celle-ci, Berne surtout, penchait pour la Bourgogne , prête à lui rendre toute espèce de service , mais sans hostilité 526 . Dans cet esprit, les principales villes de la Suisse formèrent avec Philippe une alliance semblable à l'alliance française 527 . Maints grands personnages de la Suisse, décorés des ordres de Bourgogne 528 , brillaient dans les tournois de la cour; on y voyait les gentilshommes de l'Argovie et de TOberland, Bonstetten à coté dé Bubenberg, les cousins de Hohensax, leurs voisins les comtes de Werdenberg , outre beaucoup de nobles de l'Autriche antérieure 529 .

Cependant, le duc de Bourgogne Philippe-le-Bon mourut à Bruges en Flandre dans la soixante et onzième année d'une vie aussi noble qu'heureuse , après avoir été durant quarante-huit ans, à tous égards, le premier duc de la chrétienté 530 ; héros belliqueux

la construction de l'église de St-Vincent et trois à la ville. Stettler. Les soldats subissaient cette punition comme les officiers. Tschudi.^ Punition assez modeste pour un si grand délit ! D. L. H.

s,s Son fils le ménageait; mais le roi ne pouvait, sans la plus noire ingratitude , ravir le repos de la vieillesse à celui dont la cour lui avait servi d'asile.

6 » Stettler, I, 189.

5,7 Alliance de Zurich, Berne, Fribourg et Soleure avec la Bourgogne,

w II est dit dans le 1. 1 du Nouveau Musée suisse qu'ils t reçurent son » ordre, • mais cela doit s'entendre en général de la dignité de chevalier. Maurice nomme tous les chevaliers de la Toisond'Or ; il n'y en a aucun de Berne ; il n'y eut pas non plus de chapitre de l'ordre entre 1462 et 68. Toujours la même manie et pour faire la cour î D. L. H.

m Hénault, 1432 et suiv. Il mourut «malade de défaut de puissance

quand il s'agissait de venger la mort de son père, de dompter l'orgueil de Flamands inconsidérés ou l'esprit de rébellion des Liégeois 531 ; puis à la tête d'un conseil bien choisi , se montrant maître de lui-même et des autres 632 ; toujours aimé, respecté, ferme, accessible à la pitié 533 ; prince le plus Kbéral de l'Europe et pourtant à sa mort le plus riche, moins encore par les soixante et douze mille marcs qu'il possédait en vases d'argent et d'or garnis de pierreries , par sa magnifique bibliothèque 534 et son trésor bien rempli 63& , que par la prospérité et l'abondance répandues dans son pays sagement administré. Les Pays-Bas, gouvernés par Philippe , semblaient un paradis terrestre , un séjour aussi beau que le Tout-Puissant peut le donner à un peuple qu'il aime 636 . Ce prince laissa sept filles naturelles et huit bâtards richement dotés. Le duché de ses pères, outre la Haute-Bourgogne, l'Artois et la Flandre

» et chaleur naturelle, (comme le roi David). Gollut, Mém. de la Répub l. scquanoise.

M1 • Il fut moult Taillant, et déconfît les Gandois par deux fois, où » furent occis plus de 30,000 Flamans, et les fit venir à merci hors de » leur ville, nus pieds et déchaus. Et tint ses haineux voisins en diici- • pline. • Olivier de la Marelie , Inirod. « Robuste et résolu , capitaine » bienaccort.» Gollut.

"* • Il «royoit conseil et savoit choisir serviteurs sages et loyaux. • 631 « Il étoit dur à courroucer et ne se rappaisoit pas aisément , mais » quand il pardonnoit un méfait, jamais il ne se ramentevoit, mais le » mettoit hors de sa souvenance. »

"* « La librairie étoit moult grande et moult bien étoffé. • 1,1 Deux millions d'or en meubles, 400,000 écus en or, etc. Ml « Pour lors ces terres se pouvoient mieux dire terres de pro- » mission que nulles autres seigneuries qui fussent sur la terre. • Comines, 1. I, ch. 2. «Il étoit toujours fourni de deniers ( par suite de son bon ordre ) sans grever les sujets. Il fut le père de choses belles. » Gollut.

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