‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 46 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

avec leurs villes nombreuses et puissantes, la magnificence de Malines, son patrimoine ; ce qu'il acquit, le superbe Brabant, le fidèle Limbourg, Luxembourg, patrie de grands empereurs , les montagnes de Namur, riches en mines de fer, les prairies inépuisables du Hainaut, le rempart de la Gueldre, l'inégal Zûtphen, Anvers, capitale du commerce, les terres que pendant mille ans le travail d'hommes libres a conquises sur les ondes dans la Zélande, la Hollande et la Frise occidentale, là d'audacieux matelots, ici des bourgeois et des pâtres bien nourris, la route et le siège du commerce le plus étendu , puis les chevaliers décorés de son ordre de la Toison et ceux qui l'avaient mérité, l'amour docile des Bourguignons et sa renommée rajeunie par son testament, même aux extrémités de la chrétienté 537 , voilà ce que Philippe transmit à son seul fils légitime, le comte de Charolois, Charles, surnommé le Téméraire.

Cette succession coïncide avec l'époque où Bilgeri de Hewdorf et d'autres chevaliers inconsidérés allumaient sur la frontière de l'Autriche antérieure la guerre avec les Suisses , dont les suites furent si importantes pour la Bourgogne, la France et l'Europe.

Entre Hewdorf et Fulach subsistaient , au sujet du château de Laufen, ces hostilités non apaisées qui l'empêchèrent de prendre part à la paix de quinze ans 538 ;

m Philippe légua 10,000 flor. an fils du grand Scanderberg et autant pour la construction de la tour bourguignonne à Rhodes. O. de la Marche.

IM Qu'il n'était conseiller, serviteur, ni vassal de son gracieux seigneur d'Autriche , ni habitant de ses terres; que c'était par leur fait qu'il avait dû renoncer au bailliage de Lauffenberg. Hewdorf aux Confédérés, L*ur. 1464. Tscfmdi.

des guerriers innocens expièrent dans les tortures m et sur la roue 640 son opiniâtreté cruelle. L'esprit de parti avait entraîné Schaffhouse , contre son gré , dans cette querelle ; cette ville encourut par là le ban de l'Empire 541 . Dans ces conjonctures, comme le bourgmestre Jean Am Stad, homme éminent dans l'administration de la ville &42 , se rendait à cheval, pour affaires, à Engen dans la seigneurie deHôwen, Hewdorf, avec une suite plus nombreuse m y le surprit dans un chemin creux prés du village d'Anselfingen et le fit prisonnier. On le conduisit a Villingen, où il fut jeté au fond d'un sombre cachot , les pieds garottés. Les mauvais traitemens l'engagèrent à donner pour rançon toute sa fortune et au-delà 644 . L'intervention del'évêque de Constance arrêta la colère vengeresse ; l ar-

iU Que les Schaffhousois avaient arrêté quatre de ses valets pour les torturer. •

Un soldat avait été condamné à être écartelé à Waldshut. Si l'on usait de tant de cruauté , c'est qu'une sentence de la chambre de justice impériale ayant interdit les hostilités , celles-ci étaient jugées au criminel et non d'après le droit de la guerre.

m Les Confédérés à l'Empereur, Judic. 1A57 ( le ban prononcé par la chambre impériale remontait à celte date) : le Grand Conseil, à l'exception d'un seul membre, absent, jure que la ville n'a pris aucune part à toute l'affaire ; mais la chambre ne veut entendre aucune représentation.

"* 11 concourut à la conclusion de la paix de quinze ans, el il figure dans d'autres affaires importantes.

* M Hewdorf était accompagné de sept hommes, le bourgmestre de trois. Un des sept était même bourgeois de Schaffhouse, peut-être Jean Heggcnii, qui ne voulut pas prêter avec le Grand Conseil le serment ci-dessus mentionné. Am Stad avait avec lui un de Reischach at deux autres.

544 1800 flor. Waldkirch, Chron. de Schaffh. La partie de ses biens soumise à l'impôt ne s'élevait pas en 1453 au-dessus de 1200 fl., et eu

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