LIVRE IV. CHAP. VI
chiduc se chargea des indemnités 545 . Le retard qu'il mit à les payer irrita de rechef, au point que l'Empereur et le pape ordonnèrent solennellement une paix générale pour cinq ans 546 ; c'est que l'armée non affaiblie des Turcs Osmanlis, sous le conquérant de Constantinople, de Trébisonde, de la Morée et de la Bosnie, semblait s'avancer de plus d'un côté contre l'Occident.
Dans une ville dont nous n'avons guère fait mention jusqu'à présent, parce qu'elle ne touche point au sol suisse, un meunier se prit de dispute avec son valet au sujet du salaire ; il en naquit une guerre considérable. •
Au milieu d'une plaine agréable et fertile où le Sundgau et l'Alsace se séparent, on voyait anciennement sur les bords de 1111, petite rivière issue de la haute Bourgogne et qui traverse le comté de Pfirt, un moulin, une maison et une chapelle 647 . Comme la contrée est abondante en blé et en vin, il se forma autour du moulin un village 648 , et dans le cours des
1455 pas au-dessus de 500 marcs. La construction de la maison inférieure près la tribu des cordonniers diminua son revenu. Manuscrits de Pfster. > '
" s Dans le sens de la paix, dans laquelle Schaffhouse était compris ; Bilgeri voulut considérer l'affaire comme soustraite à la maison d'Autriche pendant la paix de 1412, mais la dernière paix l'avait mentionnée. L'Autriche somma les Confédérés d'exiger que Rapperschwyl relâchât Truchsess. Thuring de Haltwyl, en qualité de bailli, aux Confédérés, 1465. Ttckudi.
M L'empereur Frédéric eut bourgmestre (sic; Charles IV écrivit de même un jour) et au conseil de Berne, 1467. Tschudi.
" 7 fVarstisen, I. I, ch. 19. Schôpflin prouve aussi que ce lieu n'était pas d'origine romaine.
m « Vicus» dans une charte de l'empereur Louis de 823 , mais dont l'authenticité est douteuse. Schôpflin, AU. illustr.
siècles une petite ville qu'on nomma Mûlhausen \ Ses murs et ses fossés datent de l'époque où la puissance des grands Hohenstaufen succomba sous l'audace des papes, sous la ruse et l'infidélité des princes &49 . L'évéque de Strasbourg , seigneur de la Mundat ou terre libre m de Ruffach, voisin de là, exerçait sur Mûlbausen une protection tutélaire, dont les habitans croyaient n'avoir plus besoin. Ils s'attachèrent alors à Rodolphe de Habsbourg ; sa grandeur naissante paraissait favorable au peuple. Eux et lui agissant de concert, ruinèrent le château de l'évêque 651 . Rodolphe, assis sur le trône , n'oublia pas ses anciens amis ; il éleva Mulhouse au rang de ville d'Empire , et , renonçant à son propre intérêt 5W , il rendit leurs tribunaux indépendans 663 . Dès-lors Mulhouse fut parfaitement gouverné par un avoyer 55 *, un bourgmestre 555 et des
* Comme qui dirait > habitations du moulin. • G. M.
549 Schdpflin trouve pour la première fois le mot « civitas » dans une th. de Frédéric II, 1236.
S5 ° Ainsi nommée de «l'immunité» de ce premier domaine de l'évôché de Strasbourg à l'égard des tribunaux provinciaux. = Le vieux mot mundat, usité encore dans un petit nombre de contrées de l'Allemagne , désignait un territoire ou un lieu affranchi par les voies légales ou autrement On a long-temps appelé mundatenel par corruption mandaten les franchises de certains districts exceptés de la juridiction ordinaire. Ce mot dérive & immunit as, dont on avait fait au moyen-âge munit as, abrégé en mundat G. M.
•M 1262. Kdnigshofen, p. 248 et suiv.
* w Alors qu'il était landgrave d'Alsace. • Posteri id non semel evertere tentaverunt. » Sekâpflin. En effet, Albert, son petit-fils, fit la guerre à la ville. Joh. V ittoduranut.
«» 1275. Schdpflin.
m Surtout l'inaliénabilité à l'égard de l'Empire. On a deux chartes , de Conrad IV, de 1251, et de Guillaume, de 1255, confirmées par Louis de Bavière et par les empereurs des maisons de Luxembouig et d'Autriche. Lûnig, Archives a" Empire, part. spec. Contin. IV, t. I , p. 1426
*" L'empereur Frédéric d'Autriche accorda en 1315 un droit de