‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 49 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VI

» occupé de choses plus importantes, a négligé de ter- » miner ce différend. Un matin le valet est sorti de la » ville, menaçant d'y mettre le feu. Il a répété cette » menace dans des lettres attachées à la porte de la ville. » Nous, exposés à toute sorte de malveillance, ville » sans alliés 571 , nous avons montré de la condescen- » dance. Lui, dans un cabaret de Porrentruy, voyant » entrer notre messager avec l'argent, s'est enfui; on » n'a pu le retrouver depuis ; il s'est hâté de vendre sa » réclamation aux gentilshommes de Régisheim , quoi- » qu'il n'eût plus lui-même aucun droit. Ces gentilshommes, de noblesse alsacienne, nous sont connus « de tout temps par de bons 672 et bien plus encore par « de mauvais procédés 573 . Régisheim a prétendu aus- » sitôt avoir satisfait le valet par amitié pour nous , » mais il a grossi sa réclamation si énormément, que » l'on ne pouvait douter de son intention. Il ne nous a » d'ailleurs pas laissés long-temps dans l'incertitude. » Douze de nos gens ont été enlevés, avant même que » nous ayons reçu de lui et de ses amis une déclaration de m guerre apportée ensuite par une vieille femme 574 . Il

ni r les traits essentiels. Le garçon mcûnicr s'appelait Herrmann Klcc ; il tlait originaire d'Eslingen. Le commencement de l'affaire paraît appartenir ^ l'an 1465. Etterling dit du bourgmestre , avec sa loyauté ordinaire-. «Il en agissait comme quelques-uns font encore de nos jours, il

• ne voolait ni conseiller les pauvres ni les aider * il regardait la chose

• comme au dessous de lui. • Fugger la voit du même œil.

Ml Tscliadi, dans son heureux langage, donne à celte ville l'épithèle de einspœnnig, qui désigne proprement un cheval qu'on attelle seul ; t. Il, 675.

m Un d'eux fut bourgmestre en 1372. Leu.

671 Guerres en 1325, etc. Schôpflùu Les Régisheim furent chassés en 1397. Fùsslin.

574 Déclaration de guerre, 18 avril M66. Ibid.

vu. 7

» nous a intenté une accusation à Ensisheim et à Lan- >i desehre auprès des Hallwyl 675 , baillis autrichiens : il » est difficile que des villes d'Empire recourent à des » bailliages brouillés avec l'Empereur 576 ; et la ligue » des villes est paralysée par l'esprit de parti et par la m faiblesse 577 . Nous, épuisés , fatigués, abandonnés, » mais encore dignes de nos pères et de nous-mêmes , » recourons à vous , sauveurs puissans de l'innocence m privée d'appui; dans vos guerres, Mulhouse sera, a même au milieu d'ennemis, votre boulevard. » Sur cela, Berne, Fribourg et Soleure 678 firent avec eux une alliance pour quinze ans 579 . Us n'envoyèrent d'abord que cent hommes 58 °, secours dont leur nom faisait la force; en effet, le Rheingrave, sous-bailli 581 , descendit promptement de Lûtzelstein, et se rendit avec la milice de deux villes auprès des ennemis de Mulhouse (le garçon meunier fut alors assassiné 582 ) ,

M » Thûring et Walther. Sletller.

,7i Le bailliage de Ilagcnau , dont Mulhouse relevait, était hypothéqué 5 l'électeur palatin; nous savons que l'électeur Frédéric fut brouillé toute sa vie avec l'empereur du môme nom.

577 Schôpflin , 426 et suiv. Elles ne firent rien pour les Mulhousois.

571 Ainsi Simler et Stumpf; ordinairement Fribourg et Soleure se présentent avec Berne , à qui les unissait une alliance de combourgeoisie ; fVurstisen et StettUr ne nomment pas Fribourg dans cet endroit

s7 » 4 juin 1466. «Voy. les conditions stipulées dans TUU*r, il, 152,

480 Les Mulhousoïs donnaient à chacun trois florins par mois , et à tons ensemble un demi-char de vin.

Ml Jean Wildgrave à Thune (Dhaun), à Kerbourg, Rheingrave* Stein, sous-bailli en Alsace, 1466. Schôpflin, AU, UL U, 573.

M * Wmntiun, Etterlin : aussi le gentilhomme de Régisheitn. Il y en avait plusieurs t tous ennemis de la ville. Etterlin ajoute que celui qui est en querelle avec des villes a besoin de grandes précautions ; quelquesuns savent les prendre.

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