LIVRE IV. CHAP. VI
l'opinion était alors plus décisive que les actions, c'est qu'à la nouvelle d'une lovée générale de la Suisse, l'armée entière de l'archiduc se dispersa sans que rien put l'arrêter 670 . Dès-lors les Suisses firent des incursions assez avant en Souabe, surtout après que Félix Keller eut rompu le retranchement près de Waldkirch 671 ; ils brûlèrent Bondorf et emmenèrent dans leur camp les troupeaux, L'étendard, les biens-meubles 072 ; les SchafThousois se comportèrent en maîtres dans tout le Klekgau et dans la contrée de Baar 673 . Un jour ils tuèrent onze hommes, qui s'étaient déshabillés pour moissonner devant un rempart autrichien ; une autre Cois ils en firent périr, avec leurs propres armes, cinq qui dormaient au pied des boulevards 674 .
La jalousie et des relations personnelles firent échouer le siège de Waldshut : beaucoup craignaient, non sans raison, pour les amis qu'ils avaient dans cette ville , si elle venait à être prise d'assaut 675 ; Berne seul avait d'ailleurs assez d'intelligence et de courage pour vouloir s'en rendre possesseur, ainsi que de la Forêt-Noire,
,7# « Celte troupe se dispersa de penr et ne tenta pas la moindre attaque. • Tschudi; Hœberlin,
171 A une lieue et demie ou deux lieues avant Waldshut. Antoine Steinftuscr, dans sa chanson de la guerre de Waldshut, raconte icj, avec quelques détaHs de plus, ce que nous avons rapporté plus haut, d'après Tschudi.
c ' 2 Rapport d* 666; 400 pièces de bétail , 20 chariots de meubles. « 7î Aux environs des sources du Danube.
174 D'entre les premiers, six Unlerwaldiens sont cités par Buesinger et Zelgcr, d'après Y annuaire; les derniers étaient, selon Stettler, de la juridiction de Zolîikofen.
6Ti Eltcrltn, Tschudi. On accuse entre autres les relations de parenté.
vu. S
H 4 flISTOMR Dl£ La SUISSE.
afin d'en faire un boulevard de la frontière suisse 676 . Si les monlagnes de la Souabe fussent devenues suisses , tous les seigneurs de ce pays eussent été réduits à ménager leur peuple ou à le perdre. La Suisse aurait été défendue par un rempart impénétrable du seul côté où elle avait des ennemis. Si l'excellente population de la Foret-Noire s'était fraternellement unie aux tribus des Alpes, la sagesse bernoise aurait fondé une république capable de tenir tête à la jalousie des puissances et de contribuer au maintien de l'équilibre \
Impatiente de donner l'assaut, l'armée des assiégeans était prête à tout 077 ; Waldshut n'avait plus de ressources contre la faim que pour peu de jours 678 . Dans cette conjoncture, le duc Louis de Bavière-Landsbut, qui transmit a son fils le surnom de riche 679 dont il avait hérité , le margrave Rodolphe de Bade-Roteln, allié à la Suisse par la possession de Neuchâtel, l'évêque , le chapitre et la ville de Bâle, enfin Nuremberg envoyèrent des médiateurs dans le camp des Confédé-
676 Tsclytchtlan est ici moins complet que les rtlaliom de$ Zmricou , que j'ai sous les yeux, au nombre de neuf.
* Cela fut proposé de nouveau en 1798 et 1709 , mais par des fonctionnaires auxquels nos ci-devant L'avaient soufflé dans l'espoir de brouiller la nouvelle république avec les princes de la Souabe. Le directoire helvétique reconnut le piége cl réprima ces fonctionnaires, sauf à examiner dans des temps plus prospères ce qu'il y aurait à faire pour s'assurer de l'amitié et de l'assistance de la Souabe. D. L. H.
677 On prépare à plaisir des chats, des hérissons, des ponts. Tsckachtlan. Chaque jour on disait : Aujourd'hui en donne l'assaut; demain os donne l'assaut. Tschudi.
678 On croit que la ville aurait à peine tenu quelques jours encore. Les soldats étaient « excellemment mécontens. > Tschudi.
679 On lui donne officiellement ce litre dans les relations des Zuricois et dans les rec' s de beaucoup de diètes.