‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 66 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

populaire , et en réalité révolutionnairement ; quant au seigneur, il l'envisagea de ce point de vue qu'on ne peut jamais abandonner sans ébranler toute propriété, et qui consiste à faire reposer les jugemens, non sur les opinions variables des hpmmes, mais sur des chartes et des titres %

« L'Empereur même, » demanda Diessbach, « n'est-il » pas souvent forcé par ses tribunaux de se désister de » ses prétentions? Le pape aussi répond, en justice, à » ses sujets. Le parlement de Paris prononce avec im- » partialité dans les causes du roi. Le duc de Bourgogne » recourt ou se soumet journellement aux voies jurii» diques devant les bailliages du comté 75 , devant le » parlement séant à Dijon, devant la cour suprême » qui siège à Paris 76 , tout comme le duc de Savoie à » Moudon, à Chambéry, à Turin. Que Gaspard de » Scharnachtal, éclairé par tant de voyages, dise si en » Angleterre, en Écosse , en Danemarck , en Pologne , » en Bohême, en Hongrie 77 , chacun n'obtient pas » bonne justice, même contre le roi? » Il regardait comme moins déshonorant de se présenter devant le tribunal de l'Empereur que de proclamer l'injustice comme le droit de la ville. Toutefois il recommanda d'instituer dans le pays même, à l'imitation de Venise, un tribunal impartial. Au banneret Kistler, qui, ainsi que les hommes de cette trempe , prenait les vo-

* Le principe n'est vrai qu'autant que le bien général et les mœurs n'en souffrent pas. D. L. H.

76 Il en compte trois, probablement Dole, Amont et Aval. 7 * Pour les appels faits dans le duché.

77 11 avait servi dans tous ces pays. Ce débat donne une haute idée de la situation et des connaissances historiques des seigneurs bernois à celte époque.

ciférations tumultueuses pour de l'énergie et les lieux corn m uns pour des raisons , il opposa l'expérience, non sans lui faire sentir son ignorance profonde. Berne ne s'était-il pas présenté devant un tribunal d'Empire pour répondre à la maison d'Autriche et même au sire d*Arbourg 78 ? n'avait-il pas évité d'autres citations par des aceommodemens 79 ? avait -il trouvé mauvais que ses sujets de Berthoud réclamassent un tribunal impartial 86 ? Il montra encore comment Berne s'était agrandi par le concours des seigneurs indépendans, tenus envers les landgraves 81 uniquement pour la défense du pays ; comment il avait soumis ou acheté un vaste territoire , tandis que ces seigneurs avaient sacrifié à la république leurs droits souverains 82 pour conserver les autres. Il ajouta qu'il ne pouvait point produire de charte contre les nouveaux principes , parce qu'ils étaient jadis inconnus 83 , mais que si trente ans d'usage ne corroboraient pas les statuts de la ville, il invoquerait les

78 A r Autriche par l'organe du vieux Ringollingen , au sire cTÀrbourg par l'organe de son cousin , Henri de Bubenberg , cet homme d'un mérite si éminent.

79 Elles concernaient les de Baldegk et les de Brandis.

80 Concernant aussi des droits seigneuriaux ; on trouve à ce sujet un accord de 1460 dans la collection de Haller.

M De Bourgogne; c'était, comme nous le savons, le comte de Habsbourg-Lauflenbourg, héritier du domaine deKibourg dans la Suisse occidentale.

81 La haute justice.

83 « Cela est vrai : on n'a pas pu savoir, il y a cent ans , ee qu'on ordonne ou défend aujourd'hui; les Prophëtesou les Apôtres ont seuls prévu l'avenir. • Nie. de Diessbach. = Vous-même parlex en plusieurs endroits comme un prophète, et très-bien. Vous déplorez qu'on ne veuille pas s'occuper de l'indispensable réformation des abus, sans laquelle il y aura un bouleversement. D. L. H.

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