LIVRE IV. CHAP. VII
connaissances historiques du banneret Tschachtian 84 et 1 expérience sexagénaire du trésorier Frœnkli , blaivchi dans les affaires. Après avoir montré l'incompatibilité de deux polices 86 et recommandé les restes de ses droits à la république, à laquelle il avait sacrifié les plus essentiels , Nicolas sortit de rassemblée du Grand Conseil avec tous les autres de Diessbach.
Pierre Kistler proposa d exclure de la délibération sur cette affaire l'avoyer en charge, la moitié du sénat et unje partie considérable du Grand Conseil ; comme si la raison et l'équité eussent permis de voir dans les fondateurs et les appuis de la ville ses adversaires, et dans un différend de cette nature , non une affaire d'État qu'on pût terminer à l'amiable, mais un procès à juger. Pour rétablir l'état de la question , le vieillard le plus âgé , le trésorier Frœnkli se leva dans le conseil et prononça un discours qui peint l'ancien Berne mieux que la chronique de la ville. .
«Prendre l'orgueil inquiet d'un jeune agent pour » règle des délibérations ne fut jamais la coutume des » hommes sages qui siégèrent autrefois sur ces bancs. » Lorsque les comtes d'Arberg s'appauvrirent et que » Kibourg perdit les moyens de soutenir une guerre » qui pesait aussi sur nous, nous confiâmes les sei- » gneuries acquises à des magistrats dont l'âge et Tex- » périence se bornaient à conserver ce que l'audace » juvénile se plaît à agrandir aux dépens de la jus-
M Ce chroniqueur que nous citons souvent ; nous avions une copie de sa chronique ornée de peintures magnifiques. Il était depuis dix-huit ans membre du Grand Conseil et figure encore vingt-deux ans dans le sénat {Ualler,Bibl. IV, 311.)
85 « Cela ne procurera à votre ville ni honneur ni profit , et me cause à moi une grande confusion. » Diessbach.
» tice 86 . Lorsque, à la recommandation du duc de » Zaeringen , les seigneurs justiciers, indépendans 81 » ou qui ne relevaient que de l'Empire, se furent char- » gës de la construction et du gouvernement de la ville, » eurent attiré leurs parens du service de comtes illu&- »• très 88 à celui de la république, et que le territoire » bernois se fut considérablement étendu sans effusion » de sang et sans beaucoup d'argent 89 , qui avons-nous m trouvé prêt à toute entreprise et dans tous les be- » soins ( car Berne ne saurait demeurer long-temps » tranquille)? Est-ce le boucber qui a donné le jour au » banneret, ou mes pères, les pelletiers ? Que personne » ne se fâche, que personne ne se trompe : l'héroïsme, » l'art de commander se trouvait chez ceux que nous » écartons aujourd'hui. Eux , dont le noble courage a » fait épanouir la ville 90 , eux, non l'argent, sont notre » force; leurs juridictions forment le noyau de notre m puissance. Il y a cinquante ans (je m'en souviens, » j'étais dans ma quarantième année et depuis dix ans » membre des conseils), quelques-uns regardèrent » aussi un gouvernement mélangé 91 comme peu con- » venable. Mais ce fut en vain: on ne sut pas voir le
; 86 Voy. t III , 85etsuiv.
87 Ils relevaient incontestablement tous de l'Empire; le mot du trésorier désigne donc probablement ceux qui n'obéissaient pas à un recteur de la Bourgogne , mais immédiatement à l'Empereur.
88 De Niclau, Kibourg, Buchegg, Arberg.
On avait acheté Mouri, Slettlen, Bolligen et quelques autres villages.
90 Expression du document; nous en avons conservé plusieurs, tandis que nous supprimons ou abrégeons des choses peu essentielles.
91 L'autorité de la ville mêlée à celle des seigneurs. La question de nouveau agitée avec éclat était celle de la souveraineté territoriale dans une seigneurie particulière.