L1VRB IV. CHAP. VU
» bonheur de la ville dans l'injustice ; alors les sei- » gneurs, heureux de leur sécurité, concédèrent non- » seulement ce qu on désirait, mais plus qu'on n'aurait » osé leur demander 92 ; ils obligèrent leurs sujets à se » soumettre aux charges de la ville 93 . Maintenant, au » milieu de la paix et de la concorde, on voudrait anéan- » tir leur domination pour plaire à un agent présomp- » tueux 91 ! Mais c'est un jour heureux que celui-ci , » puisque le banneret entoure messire Nicolas de tant de » compagnons qui sauront , aussi bien que leurs pères , » défendre le droit contre la violence. On se réfère au » droit que l'empereur Sigismond nous a octroyé sur » les fiefs d'Empire , comme s'il leur avait pris leur » bien pour nous donner ce qu'il n'a jamais possédé » lui-môme 95 . On se réfère encore à leur promptitude » docile à nous secourir dans les guerres 96 ; mais elle a
97 Le méchant denier (t. III. 402) et les appels. Voy. sur cette ancienne querelle des seigneurs liv. III* chap.n, t. IV.
95 On dit que lorsqu'on leva le premier impôt dans les juridictions de la campagne, il se fit un soulèvement menaçant Les frais des guerres et des acquisitions étaient supportés par les bourgeois de la ville, et dans le dernier cas aussi par les sujets des seigneurs bourgeois de Berne. Voilà un droit à jamais immuable qu'une révolution peut méconnaître, mais non anéantir. = Voudriez-vous dire que cette obligation de payer les frais des guerres, profitables surtout aux patriciens , seuls dépositaires de l'autorité, était légitime , même en admettant que les habitans des campagnes étaient déchus des droits de citoyens? Dans ce cas vous vous êtes réfuté d'avance, en disant que cette déchéance était injuste et impolitique. D. L. H.
94 Frevelhafï signifie proprement criminel; mais dans le langage du droit du XV' siècle , Frevel , crime , se prend dans le sens de prétention, présomption , abus de pouvoir. = Du mot allemand Frevel dérive un provincialisme de la partie de la Suisse française qui avoisine la Suisse allemande . c'est le mot fravaille, délit forestier. C. M.
95 Leur droit privé.
M Ils appelaient ce genre de secours, «expédition, • lleisszug.
» été la même de la part d'autres hommes à qui nous » n'avons rien à commander 97 . Si jamais on en appe- » lait à la cour suprême pour de semblables abus de » l'autorité, non confirmée, de Sigismand, réfléchis- » sez, mes seigneurs, que sur le trône impérial siège » celui dont le grand-père fut tué à Sempach. Les » agens trouvent commode d'exploiter un seul droit, » bien que d'une espèce subordonnée ; pour nous, nous w trouvons convenable 98 que chacun demeure dans son » droit. Avec de l'esprit l'ignorance trouve sans peine » un mot heureux ; mais un gouvernement sage cherm che dans ce qui a été la règle de ce qui est \ On res- » pecte les droits des de Hallwyl , naguère nos ennemis » les plus acharnés ; pourquoi ne respecterait-on pas » les droits de ceux par qui nous sommes ce que nous » sommes? A vous- nous été leurs protecteurs ? Ils ont » été les nôtres. On a vu assis dans ce conseil tout à la » fois huit seigneurs puissans. Ils auraient combattu » contre nous avec moins de peine que les chevaliers » du Hégau contre l'Autriche et le Wurtemberg. Vous w les écartez, au lieu d'apprendre à vos agens où nous » sommes maîtres absolus , où nous le sommes dans les » mêmes limites que les maîtres précédens", où nous
M Les de Brandis, d'Arbourg , de Neuchâtel , de Valangin , de Cerlier, seigneurie de la maison de Châlons.
94 Manière conforme à la justice, mats de plus difficile exécution que l'anéantissement des chartes et des traditions par la magie de certains mots dont on abuse en France et en Allemagne.
* Avertissement plutôt que loi. D. L. H.
99 En Argovie et ailleurs , où Berne fit des conquêtes ou des
achats de
territoire, il prit la place des anciens maîtres dans la jouissance de leurs droits.