‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 69 sur 178 · LIVRE IV. CltAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CltAP. VII

» ordonnons conditionnellement 10 °, où point du tout » ou par l'intermédiaire des seigneurs justiciers 10t , » citoyens magnanimes, qui auront égard à une prière w de la république, mais ne céderont pas à l'arrogance. » Ils se laisseraient plutôt arracher les cheveux et la » barbe ,02 . Réconciliez-vous ou respectez la justice. » Cette opinion était celle du bannerel Tschachtlan et de toutes les têtes blanches dans les conseils et parmi les bourgeois de la ville de Berne. Les compagnons de métier du banneret Kistler et beaucoup de jeunes hommes audacieux firent triompher l'opinion contraire. Les seigneurs demandèrent alors à être entendus dans leur cause commune.

Pierre Kistler se laissa tellement dominer par la colère, que, dans la séance suivante, lui qui n'avait rien à perdre , appela ceux qui ne voulaient pas se laisser dépouiller mauvais citoyens, les défenseurs de leurs droits, flatteurs, et qu'il conseilla des mesures violentes. Lorsqu'il voulut étendre l'application de ses principes à Signau et à Rôtenbach , originairement libres 103 , deux seigneuries que les ancêtres de Diessbach 104 avaient achetées de la ville même , ainsi que d'autres droits , Nicolas déclara respecter les actes d'achat plus qu'une décision que la violence du banneret faisait emporter à des paysans audacieusement injustes. Le système qui

1.0 LÀ où les seigneurs justiciers avaient plus ou moins cédé de leurs droits.

1.1 Quelques-uns s'étaient peut-être réservé d'adresser eux-mêmes à leurs sujets les ordres du gouvernement. Le trésorier qui espérait obtenir tout d'eux-mêmes ne comptait pas sans son hôte.

IM Expression du document

m Ceux de Rôtenbach avaient été « seigneurs libres sans supérieurs. - Y. n. 87.

m H tenait ces seigneuries de sa mère, Clara de Bûren.

oppose à de vieux droits un langage nouveau* n'a pas d'ennemis plus dangereux que les chartes et l'histoire 105 ; comme on ne peut les réfuter par des raisons, on cherche à étouffer leur témoignage par des cris. C'est ce qu'on fit alors avec tant de fureur, que i'avoyer, accompagné de tous les seigneurs justiciers qui s'étaient retirés avec lui, des huissiers de la ville et d'une multitude de peuple, se présenta sous la porte de la grande salle du Conseil. « Messieurs des deux Con- » seils, » dit avec une dignité sévère lavoyer de Scharnachthal **, « conduisez-vous honorahlement ; je suis » votre chef. » A ces mots , il les abandonna à euxmêmes. Les principes de Kistler triomphèrent alors avec un peu plus de décence.

* Ces nouveaux mots expriment de vieilles idées , développées avec plus de soin ; que signifient vos documens contre ce que la raison humaine a établi ? D. L. H.

106 L'histoire est anti-révolutionnaire , parce qu'elle explique ce que l'ignorance et l'esprit trouvent bizarre. = Quelle sottise! Elle ne s'occupe que de révolutions, dont elle fait connaître les causes même les plus éloignées et les ressorts. Les anciens gouvernans auraient pu deviner celle qui a détruit leur pouvoir, en méditant sur l'histoire de leur patrie. D. L. II.

M « Nicolas de Scbarnacbthal, seigneur d'Oberhofen, fils de François de Scharnachthal et de Marguerite de Heidegg, chevalier et chambellan de Louis XI , célèbre comme général par plusieurs campagnes victorieuses, comme homme d'Etat par des négociations couronnées de succès, singulièrement instruit dans le droit public de son temps et dans l'histoire de son pays, avoyer pour la troisième fois, un des plus riches et sans contredit le plus beau des Bernois de ce temps-là. » De laitier, 11, 174. Voy. aussi de Sinner, Histoire diplomatique des sires de Scharnachthal t dans Schweizerischer Gcschichtforscher , ( Investigateur de CHist. suisse) t. 1U. Les cris et les vociférations des deux partis dans la salle du Conseil furent tels qu'au dehors Scharnachthal et tout le peuple crurent qu'ils en étaient venus aux mains ; ce fut alors qu'il se présenta. C. M.

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