LIVRE IV. CHAP. VII
Un jugement ayant dépouillé les seigneurs de leurs droits, un d'eux, le chevalier Adrien de Bubenberg, prit la parole au nom de tous ; ancien avoyer , fils de ce Henri qui avait fait la guerre de Zurich et beaucoup d'autres, il était lui-même, par sa vertu, son courage, son esprit, dans les conseils, sur les champs de bataille, à la cour, homme de tête et de cœur \ « De » toutes les anciennes familles qui, dès l'origine, ont » gouverné cette ville , conquis et acheté le territoire, » deux existent encore , outre la mienne 106 , celles des m Muhleren 107 et des d'Erlach ; de la noblesse attirée par » eux à Berne, on compte peut-être quarante noms » florissans 108 , outre ceux qui se sont éteints. La ville » avait peu de biens ,09 , l'homme du peuple était pau-
• Voy. ci-dessous, ch. VIII, comment cet homme si grand reçut cent florins d'or pour demeurer attaché au parti du duc de Bourgogne, el 350 florins de la part de Louis XI. Nicolas et Guillaume de Dicssbach reçurent chacun mille livres de Louis XI pour lui gagner des amis. On a reproché aux seigneurs polonais, suédois, etc. de se vendre; ont-ils fait pis que ces austères républicains? D. L. II.
106 Elle s'éteignit trente-six ans après ces événemens, en 1506.
107 Elle s'éteignit dans la personne de celui qui vivait alors.
108 Les Watteville et quelques autres de ces familles ont été nommés par nous en diverses occasions. On a contredit plusieurs parties de ce discours ; c'est la coutume de notre époque de nier la vérité d'un ancien récit, s'il semble le moins du monde en opposition avec un document retrouvé , au lieu de les rectifier l'un par l'autre; d'ailleurs , la gloire des anciennes familles a irrité l'envie. Nous reproduisons ce que le chevalier a dit , et ce que le greffier a consigné avec assez de confiance dans une tradition qui alors n'était pas très-vieille, que confirmeraient probablement les protocoles du Conseil aujourd'hui perdus ou égarés, ou qu'enfin il faut prendre dans un autre sens. L*s anciens hommes d'Etat ont écrit avec moins de légèreté que quelques-uns ne le pensent. Ceux qui connaissent la critique historique rectifieront avec modestie ; la gloire d'é laguer peut séduire la jeunesse.
169 Nous avons vu , t. III , 1. II , ch. îv, les misérables revenus de IJerne dans sa 187» année; que devaient-ils être auparavant?
>>vrej la richesse, la libéralité de la noblesse sont » connus des couvens , des vieillards , des chroniques. » Passons sous silence ces anciens sacrifices, que nous » ne regrettons pas , mais qu'oublient aujourd'hui » maints bourgeois qui vivent aux dépens de la ville. » Fixez les yeux sur le présent. Qui nous paie 110 nos » missions dispendieuses en France, en Bourgogne , en w Savoie? Depuis la mort de mon père 111 , il n'y a pas » long-témps de ça, elles m'ont coûté cinq cents florins » du Rhin n2 . Nos adversaires se font payer par la ville » quand ils vont jusqu'à Hôchstetten m . Nous vendons » notre blé dans la ville à deux plapparts de moins que » les paysans ; nous vendons notre vin dans la ville à w bon marché, et nous en payons Tonrageld 1,4 ; nos » obligations et nos rentes font vivre les artisans. Mais w maître Pierre, maître Rodolphe, maître Jean, de- » puis trois jours gracieux seigneurs , à qui il faut tirer » le chapeau d'aussi loin qu'on les voit, veulent, par m une haine jalouse des noms illustres et des anciens » mérites , nous dépouiller, afin que nous ne puissions » plus rendre de services à la ville. Avons-nous abusé « du pouvoir ? avons-nous dépouillé quelqu'un de son » bien ? Que le bourgeois ou le campagnard dont nous » avons déshonoré la femme ou la fille se lève pour
140 Lui , les avoyers de Diessbach et de Ringoltingen , et un quatrième qu'il ne nomme pas , forent souvent envoyés depuis quelques années. *" Depuis 1467.
411 Qu'il dit devoir encore en partie. La somme était considérable pour on temps où l'argent avait généralement une valeur décuple de sa valeur actuelle, et pour un pays où il était sans doute plus rare qu'ailleurs.
«" A trois lieues de Berne.
1! * LUmgeld ouOhmgeid est le droit de consommation sur le vin; ils ne l'avaient pas payé pour le vin consommé ou vendu dans leurs châteaux.