‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 71 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

» nous accuser m . Gardez- vous d'encourir le reproche » de ce que chez les princes vous appelez tyrannie; » rendez justice avec impartialité 116 , épargnez cette » ville comme nous souhaitons qu'elle soit éternelle- » ment heureuse*. »

« Si la ville, » s'écria Kistler, «devait comparaître en «justice contre tout le mon3e, sa fortune n'y suffirait » pas ,n . »

« Mieux vaut, » répliqua le trésorier, « la perte » d'un procès qu'un déni de justice. Ne vous laissez pas » prendre aux belles paroles ; on pêche pour la ville » avec un filet d'or ; l'orgueil a perdu de plus puissans » que nous. Si les seigneurs abandonnent la ville et en- » gagent le peuple des campagnes à refuser les corvées, » le service militaire et l'impôt, sera-t-il encore pour » nous ? » Mais les cris des partisans de Kistler étouffèrent la voix de la justice., « Des ennemis,» s'écria Adrien, «nous traiteraient-ils ainsi?» Tous les seigneurs demandèrent , par l'organe de l'avoyer, communication par écrit de la sentence. Leur demande fut refusée à l'unanimité, parce que Kistler craignait qu'on n'abusât d'une expression. « Pour cette fois , » dit le trésorier, «je suis de l'avis du banneret; partout où

Samuel parla ainsi (I, Sam. XII, 3); il est bien plus admirable encore que des seigneurs militaires pussent tenir ce langage pour leur compte et celui de leurs fils en présence de leurs adversaires et dans un siècle aussi dissolu.

lii Dans la ville , hors de la ville ou dans les conseils.

* Voyez ci-dessous, chap. VIII, les listes des pensions corruptrices données aux gouvernans bernois tant par Louis XI que par le duc de Bourgogne. D. L. II.

117 Que la ville n'intente donc pas des accusations qu'elle ne peut pas soutenir.

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