‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 73 sur 178 · LIVRE IV. CIUP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CIUP. VII

La religion et la hiérarchie chrétiennes , fondées sur le système complet par lequel Moïse avait préparé les voies , ont donné plus de soin à l'éducation des hommes que la religion païenne, composée de symboles incomplète, débris du culte et des doctrines de la plus haute antiquité.

L'ancien Israël attachait moins d'importance à l'arche de l'alliance que les Bernois à l'Être que les noms humains ne nomment pas, au centre de toute dévotion, à Dieu. Aussi lorsque, quelques années auparavant 128 , on enleva nuitamment de l'église principale l'hostie sainte avec l'ostensoir d'argent, la terreur fut si générale qu'on se crut abandonné de Dieu. On ne se contenta pas d'enquêtes pénibles, coûteuses et long-temps inutiles 129 ; l'avoyer, les conseils et les bourgeois cherchèrent à calmer le courroux céleste par une sérieuse réforme des mœurs, et arrêtèrent les quatre points suivans : Tout parjure sera puni de mort, et les juremens ordinaires, d'une amende 130 , attendu que le respect pour l'Auteur et le Roi du monde est le lien le plus fort de la moralité 131 . La cohabitation charnelle n'est licite que dans le mariage ; il faut que le penchant le plus impérieux se soumette à la loi 132 . Le jeu de dames et les échecs , qui exercent l'esprit et s'adressent à l'intel-

4M 1465 . Chroniques de Diebold Schilling et de TschaektUn^ Voy. cidessus, chap. V, n. 991 ; U VI, p. 475.

Un prêtre mourant confessa le crime.

110 On payait par chaque jurement deux plapparts destinés à la construction de l'église. Stettler.

111 La passion trouve des objections contre tout le reste; la majesté divine, quand on y croit fermement , la dompte.

*" L'absence des lois donne lieu à de trop grands abus poui ne pas. justiûer de sages restrictions.

ligence 133 , sont permis, mais on défend les cartes et les dés, par lesquels le hasard prend et donne , et tous les jeux intéressés, qui introduisent le désordre dans les ménages. Enfin, les habits trop courts des hommes, les queues démesurément longues des robes des dames et les longues pointes des souliers sont interdits comme contraires à la nature et à la décence.

Depuis que le pieux carmélite Thomas Conecte avait été brûlé à Rome , parce qu'il était trop sévère, même dans les choses essentielles m , les dames avaient repris leur haute coiffure 135 , de laquelle de larges franges descendaient par derrière jusqne sur les talons 136 ; elles allongèrent aussi sans mesure la queue de leurs robes 137 ou en ornèrent les bords de riches broderies, ou d'hermine etxTautre pelleterie rare I38 . De leur côté, les hommes, plus attachés à la commodité qua la décence, portaient des habits qui couvraient à peine ce

1SS Jacobus dcCasulis (par corruption Cessollis et môme Thessalonica) de ludo latrunculorum , sive demoribus et ofpciis hominum , ouvrage écrit vers 1295 et traduit en veis allemands , à Slein , sur le Rhin , vers 1 537, par le prêtre Conrad d'Ammenhusen. Adelung, sur d'anciens poèmes allemands inédits de la bibliothèque de Dresde. D'autres, contre la vraisemblance , placent la traduction à l'an 1470. Lambecius, bibL Vindobon, II, 718, de la nouv. édit.

154 11 pensait que celui qui se comporte bien ne doit pas s'inquiéter de l'excommunication, et que celui qui ne peut pas se contenir doit se marier. Argentré dans Bayle.

» 6 Les hennins. I bid. .

136 « Elles relevèrent leurs cornes et firent comme les limaçons, » dit Paradin dans sa naïveté originale.

1,7 Comme en Suisse; en France , • elles laissèrent leurs queues à porter. » Extrait a" une chronique de 1467 , dans le t. H du Co mines de Lenglct-du-Fresnoy, p. 189.

138 C'est ce que les chroniques suisses appellent Vœch.

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