‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 76 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

représentait les artisans comme les seuls bourgeois zélés pour la république , parce que seuls ils trouvaient en elle tout leur intérêt 156 . « Long-temps , dit-il , les pro- » priétaires de domaines 157 , pour ne rien perdre, ont » écarté les bourgeois de toutes les charges ; chez eux » l'intérêt a dompté l'orgueil nobiliaire , au point de » leur faire abandonner l'abbaye des nobles pour de- Aï venir bannerets dans celle des artisans 158 ; avant moi » deux artisans seulement ont rempli cette charge , » aucun n'a obtenu un emploi plus relevé avant moi et » Frœnkli. Je suis fâché que le trésorier ne se ressemble » plus lui-même; quant à moi, homme de la ville, je » vois bien le dédain de la noblesse 159 , mais je marche » sans broncher sur la ligne du droit 160 . »

Le trésorier répondit : « C'est sans doute un beau » droit pour un boucher et un pelletier de pouvoir ex- » pliquer aux nobles seigneurs ce qu'est la chasse au » faucon et la chasse au gibier; mais j'ai à donner des » explications plus générales et d'autres qui me sont » personnelles. En cela je chercherai à mériter encore >» le surnom , que Ton me donne depuis trente ans, de

qu'elles ne peuvent réussir que grâce à une opinion nationale bien prononcée que la tyrannie et l'inhabileté ont provoquée.

<5f 11 faisait le sans-culotte. » La serratura del consiglio à Venise et les violences exercées par Gradenigo pour la soutenir sont des œuvres connues de la noblesse , qui partout a tâché d'accaparer tous les pouvoirs. En sa qualité de baron , l'historien ne pouvait pas aimer ceux qui veulent ramener la noblesse à sa place. D. L. H.

* i7 Ces mêmes seigneurs. Voy. t II, p. 1$ etsuiv., et souvent ailleurs.

i5S Depuis environ cinquante ans on choisissait les bannerets dans les quatre abbayes ( tribus ) les plus nombreuses.

«• Henri Matter osa lui dire qu'il se connaissait mieux en vaches ladre» qu'en droit de chasse. = Injures indignes de l'histoire. D. L. H.

160 • Qu'il fallait qu'il attachât la clochette au porc. •

m bizarre Fraenkli, de prédicateur de l'Hôtel-de-Ville, » d'où je ne sors jamais sans avoir querellé. Je ne me » ressemble plus moi «-même, il est vrai ; j'ai perdu le » renom de ma jeunesse , la gloire de la danse et du » chant 161 ; mais mon intelligence , toujours bornée m comme autrefois, ne sait pas encore concilier l'injus- » tice et le bien de la ville, mon cœur tremble toujours » devant les conséquences de résolutions qui manquent » de sagesse et devant le jugement de l'opinion. Ce- » pendant je dois aussi rendre à mon adversaire ce » témoignage qu'il est toujours le même homme dont » on a dit depuis tant d'années que dans la ville perw sonne n'est en sûreté devant lui , mais qu'en re- » vanche l'ennemi l'est sur le champ de bataille.

» Qui ne désirerait qu'on pût amener tous les sei- » gneurs à une conciliation , comme cela s'est fait pour » plusieurs , et non - seulemeut sur quelques points, » mais sur tous les articles d'un bon gouvernement ? La » marche facile de l'administration est une belle chose ; » mais la sûreté est la base de l'État; sans elle la ville » cesse et la caverne de brigands commence. Je ne » rappellerai ni la générosité éprouvée, ni la résolution » et la sagesse à profiter des circonstances favorables; » je n'invoquerai pas l'expérience qui prouve que les » bannerets pris parmi les artisans n'ont rien fait pour » la chose publique 162 ; mais ce que je déclare, c'est » que si Ton spolie les seigneurs au profit des grands

141 « Il est misérablement passé. •

»« Il dit que depuis qu'on les choisissait dans les abbayes , la ville n'avait pas acquis un seul morceau de terrain. Au lieu d'être obligé de se renfermer dans les quatre métiers , mieux vaudrait choisir quatre hommes vertueux dans les quatre quartiers de la ville.

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