LIVRE IV. CIUP. VII
» nobles 172 . Lorsque dans les diètes les Confédérés me m monseigneurisaient, je disais en rougissant : Je suis » pelletier, et pelletier je reste. Mes ouvriers se ren- »daient sans moi, et avec un gain modique, à Lyon, n à Francfort, à Genève, afin que mes fils apprissent à » travailler 17 3 . La charge de trésorier est pénible , très- » périlleuse 174 , et elle ne rapporte pas beaucoup 176 . Le » honteux usage des présens est trop répandu pour » que je n'aie pas été forcé d'en accepter d'un honnête » homme un sur dix 176 . Rappelez-vous que de fois je » vous ai avertis de prendre garde que les vachers Ober- » landais ne troublent pas des yeux clairvoyans 177 . Si »je laisse après moi autre chose que ma maison, mon » petit jardin et ce que je possédais avant mon emploi, «je l'aurai volé, et je veux que tout mon bien soit dé- » volu à la ville. » Mùnsingen était alors l'objet de la délibération ; il en parla comme d une ancienne ville considérable 178 , plus tard seigneurie puissante 179 , et demanda que Hartmann deStein en demeurât seigneur aux mêmes conditions que ses prédécesseurs. Le vieil-
i7î Peu avant lui , par Pierre de Wabern; il nomme lui-môme le père el le grand-père d'Urbain de Muhlcren; Itel Heiel de Liudenach fut aussi un magistrat considéré.
471 • Et qu'ils ne devinssent pas des veaux de la ville , ce que , grâce à Dieu , j'ai toujours eu en horreur, quoi qu'on dise de moi. »
4 " Sa fortune répondait de sa recette.
175 Pas assez pour vivre sans son industrie. = La place de trésorier du Pays-de-Vaud valait au moins mille louis par an. D. L. H.
171 I>es idées à cet égard n'étaient pas encore aussi sévères qu'après la Information ; alors personne n'aurait osé tenir ce langage sans entendre, le dimanche suivant, une censure du haut de la chaire, et sans être l'objet, dans le conseil , d'une proposition qui aurait eu des suites.
177 En faisant des présens de leur excellent laitage.
178 Dont on trouve des vestiges; lui; Leu; la tradition,
179 Elle avait soumis beaucoup de seigneurs et de bergers; il y avait
lard se rassit. La majorité ne remporta sur lui que de trois voix.
Les Confédérés apprirent avec une douleur fraternelle l'oppression des familles qui depuis cent dix -huit ans avaient représenté leur république dans les diètes. Les six cantons d'Uri, Schwyz, Unterwalden, Lucerne, Zoug et Soleure adressèrent donc aux conseils et aux bourgeois de Berne cette déclaration : « qu'ils » avaient appris des anciens combien de grands États » avaient péri par la discorde intestine. Qu'ils priaient » à bonne intention qu'on les acceptât pour médiateurs; » que si Ton faisait peu de cas de leurs personnes, ils » demandaient que Ton convoquât une diète générale » dans la ville de Lucerne. » Pierre Kistler donna un conseil contrairequi, à défaut d'amour de la justice, honore du moins sa prudence. « Les Confédérés aiment la » noblesse et portent envie à la ville. Que de fois ne » m'ont-ils pas vexé par l'éloge de l'expérience militaire » de nos chevaliers ï8 °! Ils ont de l'infanterie et ils n'es- » timent pas l'argent 181 . Les grands les ont honorés et » éblouis par leurs manières prévenantes. Qui résisterait » à l'éloquence et aux chartes des gentilshommes? j «Long-temps seuls maitres du pouvoir, ils ne man- » quent pas de documens. Je ne vois personne parmi » nous (et ne comptez pas sur moi-même) qu'ils ne cou- » vrissent pas de confusion devant une diète. Il se >» peut que nos prétentions ne reposent pas sur des dc- » cumens, mais le bien de la ville les rend ^légitimes,
aussi à Mûnsingen, dit-il, des Templiers, une maison de Tordre Tentonique et des religieuses.
180 «Mon front se couvrait de sueur. •
181 11 rappelle ici que la ville est obligée de payer chaque année pour eux une rente de 100 florins du Rhin.