LIVRB IV. CHAP. VII
» ce qui semole manquer de justice ne manque pas » toujours d'équité. Les seigneurs auraient-ils subsisté » contre notre communauté, autrefois plus forte ,82 , » auraient- ils subsisté dans le temps des guerres de la » Suisse 183 , s'ils ne s'étaient pas joints à nous? Pour » s'être assurés de notre bras, ils régnent dans la ville et » sur le pays. Eux , au nombre de trente-cinq, flattent » l'audace suisse pour se maintenir contre un gouverne- » ment qui se distingue par la gloire de l'obéissance. Ce » que veut l'envie, c'est de nous arracher le cœur. Pré- » cëdemment on a soulevé l'Oberland 184 ; maintenant on » veut nous ravir les juridictions de la campagne. Mais » en vain ; nous n'avons besoin que de persévérer 185 . » C'est ainsi que Berne a passé les temps difficiles » des grands comtes d'Arberg et de Kibourg. Les ré- » sultats ont surpassé l'attente, et le boucher devenu » avoyer ne vous a pas été inutile. Déclinez la mé-
,M Plus forte probablement dans les premiers temps, alors qu'au nombre des bourgeois externes il se trouvait beaucoup de campagnards parmi des seigneurs dont les dispositions étaient équivoques. La ville ne fut sans doute à aucune époque plus forte par le nombre des gens de bien.
18S Après les» batailles de Morgarten, de Laupcn et de Sempach, dit-il, ils furent décriés comme les loups.
184 On dit que la fermentation s'étendit jusqu'à Seftigen. Ces troubles peuventavoir eu lieu vers 1447 (ci-dessus, ebap. V, n. 1030 ; t. VI, p. 480). Il y a des traces d'une tradition unanime depuis Gessenay jusqu'au lac de Thoune et de là jusqu'à Interlachen et au Hasli. Mais les chroniques de la ville disent peu de chose sur ces sortes d'évènemens ( voy. ci-dessus, n. 147). On voulait effacer un souvenir désagréable; par là on ignore comment nos pères ont agi dans les circonstances les plus difficiles. = Vous avei là un exemple de la manière dont les gouvernans s'y prenaient pour éteindre ce qui ne leur convenait pas. D. L. H.
«■ « Le chapitre survit à l'abbé. C'est une tête chaude, il faut lui pas- » ser quelque chose ; il a un fils craintif ou des enfans qui ont besoin de • vous. »
vu. 1 1
» dia lion suisse, comme si l'affaire n'en valait pas la » peine 18G , et vous remporterez encore quelques avan- » tages. Ensuite, a Pâques, nommez avoyer le seigneur » Nicolas de Diessbach , homme ambitieux , mais éclai- » ré, ou le noble et vaillant Adrien de Bubenberg, et » tout le monde sera satisfait. » Si bien souvent la prudence bernoise calma l'effervescence guerrière des autres Suisses 187 , leur intervention modératrice parut cette fois si utile que Kistler ne parvint à la faire rejeter qu'à la majorité de deux voix. Berne , il est vrai, jaloux de maintenir sa sagesse domestique, aimait en général mieux faire décider par des Bernois les différends intérieurs 188 . L'avoyer eut d'autant moins de peine à faire répondre négativement à une proposition analogue des seigneurs justiciers de Fribourg, parens et amis de ceux de Berne 189 .
Peu après cela l'avoyer viola la liberté personnelle de quelques campagnards : souvent les hommes de cette trempe ne respectent pas plus les droits du peuple que ceux de la noblesse \
Un jeune homme, Pierre Dietrich , instigateur d'un
m «Il se fait bien quelques petites bêtises, mais il ne vaot pas. la • peine d'en parler. •
187 «Autrement les Confédérés auraient chaque mois une guerre. » Le trésorier Frœnkli, dans son discours.
188 Pour les procès intentés par la ville aux gens de la campagne , on choisissait, sur une proposition de la partie plaignante , douze ou vingtquatre arbitres dans les villes, et pour les procès intentés par la campagne à la ville, tout autant parmi les sujets des seigneuries; il en était de même pour les questions vitales, là.
Jacques Felga, avoyer, Rodolphe de Vuippens, tous deux gentilshommes , trois d'Englisperg, Praroman et Pavillard.
* L'historien oublie ici qu'aux yeux de la postérité un avoyer boucher et un avoyer baron sont parfaitement égaux. D. L. EL