‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 80 sur 178 · LIVRE IV. CHÀP, VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHÀP, VII

soulèvement des habitons de l'Oberhasli pendant les troubles de l'Oberland , s'était vu obligé d'abandonner ses biens et sa patrie 190 . Vingt-quatre ans après, il revint de nuit par des sentiers solitaires à travers les montagnes dans la cabane d'un parent, retourna secrètement à Brienz, observa, parcourut le pays jusque dans le voisinage de Berne. Il avait appris d'hommes influensd'Unterwaiden la disgrâce des grandes familles, et il espérait mériter sa réhabilitation par le moyen de ce parti. L'avoyer s'en effraya, lui qui avait ébranlé les fondemens de la puissance de sa patrie. A la manière des magistrats lâches, il eut recours à l'espionnage 1 91 , désapprouvé par les honnêtes gens 192 , servi par ses créatures de façon qu'il découvrit le séjour de cet homme dans la maison d'un paysan de Worb. Mais la demeure du campagnard était sacrée aussi, et un indice secret ne suffisait pas pour faire arrêter un homme. Les puissans usaient de violence, quand ils l'osaient; le sentiment populaire défendait le droit. L'avoyer Kisller envoya de nuit à Worb , sous un déguisement,

4M Son éloignement fut une précaution bien fondée, mais il n'y avait pas eu de jugement formel contre lui. Il était alors un jeune homme de 24 ans; il avait été absent à peu près 24 ans aussi, d'après le discours de Fraenkli. Il faut corriger conformément à cette donnée l'écrit de Frickard , tel qu'il a été imprimé. = Dietrkh passa le temps de son exil volontaire dans l'Unlerwalden ou en Valais. C. M.

191 II promit une récompense de 10Û florins du Rhin.

4,1 P. e. par le prévôt dlnterlachen. Bapport du landammann de Huit, dans Frickard. = Après le retour de Dietrich dans l'Oberland , le gouvernement bernois somma le prévôt du couvent d'Interlachcn de le loi livrer, s'il mettait le pied sur son territoire. Le prévôt déclina cette sommation, et déclara qu'il n'était pas d'usage d'arrêter ainsi sans jugement et contre le droit un citoyen honorable et d'une ^réputation inlacté ; qu'un pareil procédé aurait des conséquences funestes pour lui et pour son abbaye. CM.

quatre huissiers, l'agent Gfeller et un bourgeois. Ceuxci enfoncèrent la porte de la maison; Dietrich s'évada; le paysan et son valet furent saisis; mais les voisins, réveillés par lé bruit, maltraitèrent les suppôts de la police à tel point que le curé et le chef de la commune ne les arrachèrent à la mort qu'avec peine. Au matin, ils se trouvèrent hors d'état de porter plainte à Berne. L'avoyer, dans un embarras extrême 193 , parce qu'il avait contre lui la loi et le peuple *, proposa de cerner l'église du village pendant la messe pour faire amener à la ville tous les coupables. Le trésorier rappela les limites des droits du gouvernement chez un peuple li* bre. « Personne, dit-il, n'est coupable que le conseil » qui devait d autant moins prendre des résolutions » irréfléchies, qu'elles ne lui ont jamais réussi. Lors-r «que le seigneur de Toffen 194 lui-même approuva que » des huissiers déguisés enlevassent de nuit dans une » auberge un Oberlandais suspect, les habitans de Tof- )1 fen ne les poursuivirent- ils pas pendant plusieurs * heures? Comment les délégués du tribunal de Sef- » tigen 195 parlèrent-ils devant notre conseil? Comment » parlèrent-ils au seigneur? Ils l'appelèrent un mé- » chant homme, parce qu'il avait autorisé l'arrestation.

1,1 « Je ne sais à quel saint me vouer, » dit-il.

• Les paysans, ainsi que la classe des prolétaires, furent toujours facilement gagnés par la noblesse , quoiqu'ils ne l'aiment pas : celle-ci leur impose ; et ce qu'ils aiment encore moins, c'est de voir un des leurs s'élever à son niveau. La noblesse , qui le saif bien , s'en prévalut, dans tous les siècles, pour renverser ceux que leurs talens élevaient au-dessus d'elle ; mais un historien ne doit pas être populace. D. L. U.

M * JostKaesli, dans la copie delà Querelle des seigneurs. Kûsli.

D'où relevé Toflen ; Worb était dans la juridiction de Konolfingen. Les premiers passaient pour plus grossiers , les seconds pour plus orgueilleux. FrœnktL

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