‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 81 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VU · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VU

» Le conseil se vit réduit à excuser la sottise du sei- » gneur 190 et sa propre irréflexion, et il promit d'ins- » crire au protocole de la ville qu'il ne tenterait plus » une arrestation semblable \ Rien de plus juste. On » se rappela le temps où, dans une levée générale de la » Confédération , la bannière de Berne fut obligée de » s'arrêter parce que les milices de la campagne refu- » saient de marcher avec des seigneurs habitués à or- » donner des emprisonnemens arbitraires. Le château » que nous défendions autrefois, dirent-elles, était le » siège de notre seigneur en même temps que notre ■ rempart; pendant la guerre et après la guerre vous » nous jetez dans des cachots pour des propos et des » bagatelles m . Nous ne consentons plus à cela; nous ne » faisons plus la guerre pour vous, jusqu'à ce que nous » sachions si les seigneurs ne vous ont pas départi sur » nous plus de droits qu'ils n'en avaient eux-mêmes 198 . » Que n'a-ton pas promis? Sans le digne préfet du » sire de Diessbach, objet de nos justes louanges qui » ont enorgueilli son seigneur, une vingtaine de mes- » sagers de la campagne frapperaient, à cette heure, » à la porte de votre conseil , tt nous ne pourrions les » renvoyer qu'après les avoir bien traités et en leur

IM On lui interdit de rentrer à Toffen d'une année. Il vendit la seigneurie. Leu.

* 11 y avait loin de là aux enlèvemens exécutés en 1790, 4791, 1792, etc., et à l'amende honorable qu'on fit faire aux villes pour avoir réclamé. C'était bien le délire d'une oligarchie aux abois. D. L. H.

197 Des actes de libertinage.

198 Us avaient trop concédé à la ville ; les relations primitives des seigneurs et des sujets étaient moins opposées à la nature et à l'équité que ne le croit le siècle des révolutions. » Il faudrait en donner des preuves; nous avons vu plus haut des ventes de familles entières. D. L. H.

» donnant des indemnités et des garanties 199 . Dans le » peuple est notre force, contre le peuple nul n'a d'aun tre force que celle qu'il paie. » Le trésorier conclut : « Ne criez pas au feu avant de savoir si rincen- » die éclate quelque part; c'est ce qu'il faut examiner et )> sur quoi il convient d'entendre avant tout le magis- » trat de Worb. » Cette proposition plut à tout le monde *■

Dès cette heure, l'esprit novateur**, dont l'hypocrisie affiche l'amour de la liberté aux dépens de la sûreté, commença de déchoir : les anciens usages et le bon sens, principaux appuis des gouvernemens libres, jetaient journellement l'inquiet avoyer dans l'embarras; au sein du conseil même il s'entendait appeler César et tyran de Berne 200 . Ce qui concourut à sa chute, ce fut la prudence de Nicolas de Diessbach, qui empêcha les assemblées du peuple de la campagne 201 , afin que la ville vit bien qu'il cherchait à la préserver d'une lutte inégale. La

1,1 Que lui, le trésorier, n'avait point d'argent pour des nocturnes comme ceux de Worb ; qu'il «n avait besoin pour payer les intérêts des dettes de la ville.

* U ne parait pas qae cet épisode ait eu d'autres suites. C'est ici que l'ouvrage de Frickard est malheureusement interrompu. Les chroniques n'y suppléent qu'imparfaitement C. M.

" Vous-même avez fourni des armes aux soi - disant novateurs ; et quant à l'hypocrisie, j'ai peur qu'en vous jugeant d'après vos œuvres, on n'en impute beaucoup à celui qui se mit au service des spoliateurs de l'Allemagne, des oppresseurs de son pays, après avoir tant crié contre eux. Ce n'est point par des phrases, mais par des faits que l'historien doit instruire. D. L. H.

î0 ° Par le trésorier Frxnkli , qui savait en général que César s'éleva au pouvoir monarchique à l'aide du peuple qu'il éblouit en se présentant comme l'ennemi des grands.

201 Elle avait été convoquée, pour la juridiction de Konolfingen , à Grosshôchsletten , et le Conseil en avait peur.

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