livre rv. chap. vn
l'inexpérience cupide de Pierre Kistler 229 \ On releva en tout la considération du gouvernement 230 **. Pierre Kistler ayant achevé son année 231 , Pétermann de Wa-
M9 De négocier avec des personnes suspectes, comme autrefois; de partager les amendes pour violation de la paix publique ; d'abandonner aux seigneurs le délit de la vengeance exercée en dépit de la parole donnée ; de leur laisser les bestiaux égarés , les essaims d'abeilles , les petits délits de police et les amendes. Ch. dans Tschachtlan.
* Où est la preuve de son avidité du gain? Il n'eut pas toute l'expérience nécessaire sans doute , et il ne cessa d'être entravé dans sa marche ; mais son audace empêcha probablement les nobles de concentrer tous les pouvoirs dans leur caste , et les força de reconnaître des égaux dans les bourgeois. Les campagnes n'y gagnèrent rien, les nobles s'étant coalisés dès-lors avec les bourgeois notables , et l'oligarchie ayant été le résultat de leur coalition. D. L. H.
230 Partout où le gouvernement reconnaît aux seigneurs un droit, on se sert des termes : • Nos gracieux seigneurs veulent bien consentir, etc.»
** N'était-ce pas un grand mérite ? D. L. H.
m 11 vécut encore sept ans après la guerre de Bourgogne. L'année où il fut avoyer, on trouve un Jean-Rodolphe Kistler, bourgmestre d'Arberg. Ch. Après son fils , Pierre , qui fut ecclésiastique , nous n'avons plus découvert de trace de sa famille. = Dans le dernier siècle et de nos jours Kistler a été regardé par les uns comme un démagogue révolutionnaire et par les autres comme un vrai patriote. Nous pensons avec M. de Rodt [Frickard!» Twingherrenstreit S. il, 12) que l'une et l'autre opinion est exagérée. Un noble patricien de Berne, M. A.-L. de WatteviUe, fa apprécié en ces termes dans un ouvrage manuscrit ( Du Gouvernemenl de Berne) : «Pierre Kistler, boucher de profession, homme
• accrédité dans la république par son courage et son éloquence , cher à ■ ses compatriotes, vénérable par son âge et respectable par son expé-
• rience , qu'il avait acquise dans le maniement des affaires , forma le » projet d'humilier la noblesse, etc. • Quelque jugement qu'on porte des intentions , du caractère et de l'entreprise de Kistler, on ne peut méconnaître le fait des avantages obtenus par lui en faveur de la ville de Berne, et que M. de Rodt reconnaît aussi dans son Appendice à Frickard (p. 290- 2 93). Les cinq articles ou ordonnances abandonnés à la ville de Berne ajoutèrent quelque chose à ses droits de souveraineté , et le mé-
bern, chevalier, seigneur de Belp et de Wabern* expérimenté et couvert de gloire dans les affaires de la Confédération et à la guerre, fut nommé avoyer de la ville de Berne *«
Faire une révolution, c'est établir des lois sans égard aux rapports qui subsistent; le droit de chacun est dans ces rapports ; les lois ne doivent être que l'explication de ceux-ci et leur garantie**. L'esprit révolutionnaire imagine des relations sociales, la sagesse politique s'appuie sur celles qui existent. Aussi l'ancienne liberté affermissait et ne bouleversait pas. Tranquilles sur la possession de leurs biens, les hommes de ces temps vivaient libres pour la chose publique, grands par leur magnanimité dans les conseils et les diètes,
chant denier augmenta ses revenus. Si Berne obtînt par une convention ce que Kistler voulait emporter de vive force , ce fut lui du moins qui souleva ce débat , et ainsi «le boucher, » comme il s'exprime lui-môme , «ne fut pas un avoyer inutile à la ville,» bien qu'il l'ait exposée à un grand péril. Si Kistler épuisa son crédit dans sa lutte contre la noblesse , il força du moins les chefs du patriciat à se rapprocher du peuple pour conserver leur position , à s'entourer d'une popularité qui devait bientôt être pour eux un auxiliaire utile contre les armes étrangères. Après avoir quitté le fauteuil d'avoyer, Kistler ne retrouva plus jamais son crédit. Toutefois , pendant une époque grave, celle de la guerre de Bourgogne, il présida plusieurs fois avec talent le Grand Conseil , comme ancien avoyer, en l'absence de l'avoyer en charge. D'accord alors avec ses précédens adversaires Bubenberg et Fraenkli, il rassembla toute son énergie pour combattre le chef du parti français, l'éloquent et adroit Nicolas de Diessbach , seigneur de Worb. Kistler survécut aux luttes contre la Bourgogne; il termina sa carrière avant Pâques 1480. G. M.
* On devait s'attendre à ce retour comme jadis à Rome. D. L. H.
** Lorsque ces rapports furent établis, quelle était la condition des parties contractantes? Furent-elles consultées? Cette consultation futelle libre , indépendante? Y eut-il des oppositions ou non? Quels sont les documens rédigés de la sorte , et comment les rapports ci-dessus