‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 94 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. YII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. YII

narque qui vengea sur les Perses les Grecs et leurs dieux» 27 , il avait, lui, formé le noble plan 328 d'une entreprise plus vaste , et qui ne paraissait pas inexécutable; c'était, lorsque sa domination s'étendrait depuis la mer du Nord jusqu'à la Méditerranée, de se mettre avec toutes les forces de la Bourgogne à la tête delà chrétienté d'Occident pour chasser les Turcs de l'Europe orientale 329 .

On admirait la magnificence de sa cour, la justice de ses tribunaux, la discipline de ses troupes, l'ordre de ses finances. On le voyait ordinairement briller à la tête d'un grand cortège de princes , de comtes, de seigneurs et de chevaliers 330 , de sorte que pour le mouvement, l'éclat 331 et l'ordre de la cour aucun prince ne l'égalait 332 . Dans les solennités il portait un habillement dont l'or et les pierreries valaient plus de cent mille florins d'or 333 . Ses salles et ses chapelles étaient décorées des tentures les plus rares et d'une profusion de vases d'or et d'argent comme on n'en avait jamais

117 On voit dans Isocratc comment la guerre des Perses devint sous ce nom une affaire nationale.

w « Alti vir animi. • Bazin. . , 1 ' ■ •

119 Michel Brut ils dans le L. VI des Histoires florentines.

110 De la Marche (n. 281 ) : « Princes avoit et prélats à foison , — des » nobles par milliers — pour le monde conquerre. •

m Comines : • Nul prince ne le passa à nourrir grandes gens et le»

• tenir bien réglés. • De la Marche. « Grande et triomphale cour sar » tous les ducs d u monde. •

»»* M. (n. 281) : « Chacun s'entretenoit , comme on connoît par ses . beaux estatuts, bien regttrés et tout pleins de vertus. . Le cérémonial de sa cour servait de modèle à la cour d'Espagne et à toutes les autres qui ont imité celle-ci.

m Stumpf, 211 a. Comines dit avec raison t t Fort pompeux en ha-

• billemens et un peu trop. •

vus 334 . La dépense de sa table s'élevait chaque jour à huit cents florins 836 ; lui - même en jouissait peu a36 , mais il croyait digne d'un prince de répandre le plaisir et l'abondance autour de lui 337 . Ses chambellans étaient chargés de le divertir après le repas et les affaires 338 ; parfois aussi , pendant ses campagnes , il se délassait de sa contention d'esprit par les bons mots de son jeune porte-étendard 339 . Le lundi et le vendredi, entouré de tousses grands et séant au siège de justice 34 °, il accueillait avec bienveillance les pétitions et les plaintes de ses serviteurs et de ses sujets 341 ; il recevait aussi en particulier ceux qui le désiraient 342 , et, ce qu'on aime à trouver chez un prince , il accordait promptement du secours, souvent môme à tel point, que le chancelier

m Chronique de Strasbourg dans Crusius, Chron. Souabe , II, 97. Stumpf.

3 >' Gotiut.

156 « Solus festinanter manducabat » TriUh* Hirsaug. 1474.

,î7 On buvait chaque année 2000 queues devin (les queues sont tresgrandes en Bourgogne ) ; les vases d'argent dans lesquels on faisait au duc des présens de vin , restaient à l'échanson ; l'écuycr-trancbant ne pouvait pas lui faire un plus grand plaisir que de se jeter vigoureusement sur les plats qu'on desservait et de faire de copieuses libations de vin. A de certaines fêtes tous les restes appartenaient au curé , une autre fois au polisseur de ses armes, une fois aussi au maréchal-ferranL Gollut.

■M « A chanter, baler, discourir, lire, gaudir. • Id.

" 9 • 11 devait être personnage d'esprit et jovial pour inventer quelque chose gaillarde. » Id.

» 40 Id. . In palatio suo. . Bazhu

s * ! « Jamais nul plus libéralement ne donna audience. » Comina.

• ' Sa grande boute et entière amitié

En vérité le faiaoit si louable!

Grâces avoit autant que nul u'avoil :

On le Jevoit servir, craindre et aimer.

Dt la Mitent (n. 381).

î42 «11 donnait fort privêment audience (ce qui ne peut guère se rapporter à une séance solennelle. ) Paradin.

Page 1