‹ Histoire de la Confédération SuisseChapitre 96 sur 178 · LIVRE IV. CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VII

tactique moderne furent long-temps incertains si l'armement et l'organisation de la phalange ou de la légion s'adaptaient mieux aux armes nouvelles. A la fin les guerres faites en maints pays apprirent à de grands généraux que les circonstances déterminent chaque fois s'il faut préférer la mobilité de la seconde ou la consistance de la première , et que l'armée la plus parfaite est celle qui sait prendre toutes les formes. Le parc d'artillerie était calculé à trois cents pièces ; ensuite venaient deux mille chariots chargés de poudre, d'arbalètes, d'arcs, de flèches et de piques, mille pavillons et autant de tentes ordinaires. Pour les sièges on construisait, suivant l'ancien usage, beaucoup de machines sur les lieux mêmes 358 . Les piqueniers, inébranlables comme une muraille, étaient instruits à tomber tout d'un coup à genoux en baissant leurs piques , pour laisser tirer comme par dessus une muraille les tirailleurs postés derrière eux 3&9 . On tenait des anciens l'art de faire front des deux côtés ou de tous les côtés, de former le carré, le coin, le cercle. Les soldats étaient dressés à tout endurer et à se tenir prêts dans tous les instans 36 °. En général , outre un heureux mélange des différentes armes, on remarquait dans les corps de cette armée un mélange non moins heureux de fierté et d'esprit public. On punissait les délits par des privations sensibles, rarement par le

158 De la Marche (n. 281) décrit avec éloge les

Engins que nul n'a «ceu contrefaire , etc.

11 vante Laurent Garin comme un grand ingénieur.

159 Derrière eux, parce qu'ils étaient armés plus à la légère , par conséquent moins bien défendus.

Aàr. Barlandus.

vu. i3

déshonneur* 61 . L'impartialité la plus entière était érigée en loi , afin que le sentiment de l'égalité enflammât tous les corps du même enthousiasme pour le prince; il les appelait sa maison 862 , et les excitait aux plus grands efforts contre ses ennemis qui étaient les leurs 363 . On avait défendu lesjuremens : le soldat doit respecter le Dieu au nom duquel il a prêté serment 364 ; le jeu des dés : il rend avide, allume la haine ou la colère, et jette l'un des deux joueurs dans le découragement. Dans l'impossibilité d'accoutumer de jeunes hommes vigoureux à une continence austère, le prince punissait sévèrement ceux qui, même dans les villes prises d'assaut, portaient audacieusement atteinte aux liens du mariage mais il laissait auprès de chaque compagnie trente femmes, dont aucune ne devait appartenir exclusivement à un seul- homme 306 , et il fermait les yeux sur bien des choses 367 . Comme César, il permettait beaucoup quand il n'y avait point d'ennemi dans le voisinage. 11 aimait ses soldats 366 ; malades ou

161 Celui qui , en pays ami , s'éloigne de son drapeau pour piller , perd quatre jours de solde , et le conducteur le punit suivant les circonstances; si c'est en pays ennemi , il perd son cheval, son armure et pour un temps indéterminé sa solde ; s'il le fait quand on est en présence des ennemis , • peine de la hart et d'être réputé pour ennemi. • Première ch. n. 347.

"* c Attendu que tous sont de la maison du prince. » Ib,

Ml „ p ar l'amour de leur seigneur, pour l'exaltation de sa maison et . de leur propre honneur , qui consiste à ce que Monseigneur par eux . puisse rebouter tous ses ennemis. » Seconde ch. n. 347.

164 Lui-même, si passionné, ne jurait jamais par Dieu ni par les saints, si ce n'est peut-être par saint George. 01. De la Marche.

»" Dunod.

m Seconde ch. n. 347.

w . Caetera (excepté la désertion et la fraude) plerumque dissimu-

» 1 il bat. » Bar l an dus.

« Nullo non bencvolenlia? oflicio eos prosequebatur. »

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