LIVRE IV. CHAP. VII
blessés, il les soignait comme un père 369 ; il punissait rinfidélité avec d'autant plus de droit. Pendant la guerre il pouvait exiger rigoureusement de chacun l'accomplissement de son devoir, attendu que tous les jours il était levé le premier, inspectait en personne les postes importans 37 °, et se couchait le dernier et toujours habillé 371 . Comme la nouvelle organisation militaire coûtait un demi-million d'écus 372 , chaque campagne deux millions de francs 373 , et que ses sujets murmuraient, non par l'impuissance de payer, mais par défaut d'habitude , il s'efforça de rendre la nouvelle charge aussi utile et aussi légère que possible. S'il était impitoyable à dompter toute rébellion 374 , il écoutait les représentations avec indulgence 37S . C'est ainsi qu'il maintint dans tous ses États l'ordre, la justice et la paix intérieure 376 , de même aussi la paix extérieure,
169 Par ses soins pour avoir de bons officiers de santé, il laissa bien loin derrière lui quelques généraux légers ou inhumainement économes de notre temps.
«• Dtmod, d'après les chroniques.
171 Comines, VI.
111 Olivier de la Marche. L'entretien de ses troupes s'élevait annuellement à 800,000 livres. Gollut. li donnait à l'homme d'armes à cheval 15 francs par mois , à l'arquebusier à cheval 5 , à l'arquebusier à pied et au piqueur h- Première ch. n. 347.
"» De la Marche.
» 7 * « D'autorité a anlcuns décapité. . U. n. I8i.
«* Les États belges lui assignèrent avant 1475 pour dix ans, 550,000 écus; ensuite 300,000 de plus. Comines, IV. Les États de Bourgogne accordèrent en 1473 pour six ans 600,000 livres « estevenans. • — Les Etats de la Haute-Bourgogne s'assemblaient en deçà de la Saône, ceux de la Basse-Bourgogne au-delà. Des députés des deux parties se réunissaient dans une ville qu'elles choisissaient alternativement. Gollut.
476 • U tenoit ses pays en crainte et en paix; il pouvoit faire forte et • roide justice. » De la Marche. Auparavant les coupables étaient par fois plus forts que la loi.
quand il ne provoquait pas ses ennemis. Ce que les hommes d'armes étaient en droit d'exiger dans leurs quartiers 377 , les prix des vivres 378 , le paiement de leurs dettes 379 , tout était réglé avec une telle exactitude que, lorsque des officiers de la garde commettaient ou permettaient des désordres, on les cassait comme larrons de leur propre honneur 380 et meurtriers de celui du prince , comme indignes de paraître parmi des hommes d'honneur et de commander des braves. Se sacrifier au devoir, à la gloire, au maintien de l'ordre public, voilà l'honneur militaire.
Ardeur, courage, activité, fermeté, telles furent les vertus de Charles de Bourgogne à toutes les époques de sa vie. Tant que son sage père conserva l'autorité avec la vigueur, l'esprit indompté du fils dut céder à la prudence 381 , ou le courroux du prince imposant le réprimait 382 . Le succès de Montlhéri éblouit Charles, mais non pas jusqu'à lui faire oublier son devoir 383 .
177 • Nappes, linges, pots, pôles, écuelles; » neuf lances couchaient dans quatre lits. Première ch. n. 347.
178 Une poule a 6 fennings, un porc à i 2 , etc.
179 ■ Enfin que les bonnes gens où ils tiendront garnison ne soyen: foulés, • on proclame avant le paiement de chaque trimestre que ceux qui ont des réclamations à faire les présentent. Secondech. n. 547.
»" Expression de la ch. n. 352.
381 « Il désiroit en sa condition enfantine à faire ses volontés , et toote-
• fois il eut le sens si grand, qu'il résista à ses complexions, tellement » qu'en sa jeunesse ne fut trouvé de plus courtois que lui. • De la Marche, qui 'le connut dès sa jeunesse et lui survécut long-temps.
Mî Comme il ne voulait pas recevoir Philippe de Croy en qualité de premier gouverneur, son père lui ordonna de lui apporter, le lendemain au lever, l'état de sa maison; il le déchira, le jeta au feu , • et moult
• furieusement fit partir son fils. » Voyei cette scène domestique dans Dunod.
m Bazin , parlant du commencement de son administration : • Ini-
• tio modestum se salis et dignum principatu exhibuit. •