PROGRÉS DE LA RÉACTION CATHOLIQUE
ciel : « Nous jurons, dirent-ils, de vivre et de mourir dans la foi romaine. Si la grande apostasie a pénétré jusqu'à notre seuil, Dieu l'a permis pour nos péchés.
11 souffre que les fils du diable contractent entre eux des alliances, et que, divisés sur tout le reste, ils ne se montrent unis que pour chercher à renverser notre foi. Eh bien, nous, de notre côté, qui sommes demeurés fidèles, nous nous prenons pour chers confédérés. Nous rejetons tout appui sectaire. Nous jurons, jusqu'au dernier, de nous maintenir les uns les autres dans la foi. Aucune alliance antérieure ne nous empêchera de remplir cet engagement. Ainsi soit au nom de la sainte reine du ciel, pour notre consolation et pour celle de notre patrie ! » Telle fut l'alliance, jurée à Lucerne, le 5 octobre 1586, et qui porte le nom, tantôt d'alliance Borromée, tantôt d'alliance d'or, comme étant le couronnement de l'œuvre du saint archevêque.
Progrès de la réaction catholique.
Se donner à Rome, c'était se donner à l'Espagne. Les cantons catholiques s'allièrent d'autant plus volontiers à cette puissance qu'ils ne recevaient plus d'or de France, tandis que Philippe II en répandait chez eux à pleines mains. Soleure, résidence de l'ambassadeur du roi Henri III, était seul demeuré français. Les six autres états de l'ancienne religion conclurent, le
12 mai 1587, avec le roi d'Espagne, une convention