PROGRÉS DE LA RÉACTION' CATHOLIQUE
semblable à celle qu'ils venaient de faire avec le saintsiége. Ils promettaient le passage aux troupes espagnoles et accordaient à Philippe, pour la défense du duché de Milan, la levée de quatre à treize mille hommes. Le roi catholique s'engageait, de son côté, à les secourir de toutes ses forces dans une guerre de religion et, dans une lutte ordinaire, à leur envoyer, à leur choix, ou 4000 arquebusiers et 200 chevaux, ou 10000 couronnes par mois. Chaque canton devait recevoir annuellement 1500 couronnes. Un article secret concernait les pensions faites à des particuHers.
Déjà les cinq cantons primitifs s'étaient en 1560 et 1577 alliés à la maison de Savoie. Une grande victoire, remportée à Saint-Quentin, à la tête des armées de Phihppe II et de Marie d'Angleterre, par Emmanuel- Philibert, fils de Charles III, avait fait à ce prince la réputation du premier capitaine de son temps, et avait obligé Philippe à lui faire restituer, par la paix de Cateau-Cambrésis, l'héritage de ses pères. (1559.) La France avait abandonné ses conquêtes; il restait à savoir si Berne conserverait les siennes. Une ambassade ducale fut chargée d'offrir aux cantons un renouvellement d'alliance et de demander la restitution des pays romands. Soleure et les cinq cantons des Alpes n'hésitèrent pas à accueillir la proposition d'Emmanuel- Philibert. Le traité de 1512 fut renouvelé, le 11 novembre 1560. Un article secret promit aux cantons, en cas de guerre de religion, 500 arquebusiers et 2000 couronnes par mois. Le traité conclu, les alliés du duc s'unirent à lui pour solliciter Berne et Fribourg de lui rendre ses pays.