‹ Histoire de la Confédération suisseChapitre 13 sur 66 · PROGRÉS DE LA RÉACTION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

PROGRÉS DE LA RÉACTION CATHOLIQUE

Ces choses se passaient en un temps où la réforme venait d'entrer dans de nouvelles voies. A ses commencements, elle n'opposait à ses ennemis que les armes des premiers chrétiens, les exemples de ses martyrs; aux yeux de Calvin, toute autre résistance eût été un crime. Mais lorsqu'elle eut, en France, gagné du terrain , que des grands l'eurent embrassée et que la foule des mécontents eut suivi leurs pas, ces premières mœurs s'altérèrent. Les nouveaux venus, accoutumés à vider toute querelle à la pointe de l'épée, portèrent dans les rangs leur bouillante indiscipline. A la force ils estimèrent qu'il fallait répondre par la force et ne tardèrent pas à le montrer.

A Lausanne vivait un gentilhomme français, flatteur dans la conversation, hardi dans les combats et qui faisait de la tyrannie des Guise le sujet ordinaire de ses discours; La Renaudie leur attribuait tous les maux de la France. Il s'efforça , à Berne et à Genève , comme à Lausanne, de faire entrer tous les réfugiés dans ses convictions et finit par leur offrir de concerter les moyens de résistance des fidèles répandus dans les provinces. Des protestants écossais venaient de donner l'exemple de ce qu'il y avait à faire : entrés en campagne au nombre de trois cents, ils s'étaient accrus, chemin faisant, et avaient fini par entrer dans Edimbourg sans coup férir. En Suisse, un grand nombre de religionnaires français se laissèrent persuader d'en agir pareillement. Ils se mirent en marche par petites bandes et se réunirent autour du château d'Amboise, où se trouvait la cour. Mais ceux qui croyaient surprendre furent eux-mêmes surpris ; ils furent tués,

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