‹ Histoire de la Confédération suisseChapitre 18 sur 66 · NOUVEAUX PROGRÈS DE LA RÉACTION ULTR-\MONTA]NE · texte numérisé non relu

NOUVEAUX PROGRÈS DE LA RÉACTION ULTR-\MONTA]NE

saint-siége et d'Emmanuel-Philibert. Philippe II, par ses relations avec Rome et l'abaissement auquel la guerre civile avait réduit la France , s'était élevé à un degré de puissance que n'avait pas atteint son père dans les jours de sa gloire. Les fils de sa politique embrassaient l'univers. Depuis que de grands empires s'étaient formés, les relations des dabinets s'étaient régularisées; les ambassades étaient devenues permanentes ; l'or et les agents de l'étranger se répandaient en tous lieux; il se faisait dans l'ombre une guerre secrète, ignorée du peuple, et souvent de plus de portée que les coups donnés sur les champs de bataille. La Suisse n'était pas le moindre théâtre de ces sourdes intrigues. Les envoyés nombreux de Rome, du gouverneur de Milan et de la Savoie, y poursuivaient un même but : celui de ramener la Suisse entière à l'unité de foi.

Chaque année se faisait quelque pas dans cette voie. Les Confédérés, qui s'étaient d'abord tenus éloignés du concile de Trente, finirent, en 1562, par s'y faire représenter, les prélats par l'abbé Joachim d'Einsiedlen, les gouvernements par Melchior Lussy, chancelier d'Unterwalden, et qui, après avoir, en 1557, servi le saint-siége comme chef mercenaire, s'était dès lors rendu nécessaire à sa politique. Ces envoyés reçurent pour instructions de s'employer à la réforme de l'église, mais aussi, de protester contre tout ce qui pourrait se faire de contraire aux libertés et aux louables coutumes des cantons. Après maints orages, le concile s'acheva par la réconciliation des pouvoirs ecclésiastiques et séculiers, et dans la paix de l'univers catholi-

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