LES ESPAGNOLS EN VALTELINE
La voix des enrôleurs se fit entendre de nouveau dans les cantons. A Paris, près de rentrer, après onze ans, dans la carrière si souvent arrosée de ses sueurs, Henri IV distribuait à ses amis, aux Suisses entre autres, de ces mots heureux qui les avaient enchaînés à sa fortune, quand, le 14 mai, le couteau de Ravaillac fit tout évanouir. Majesté, gloire, projets, tout avait passé dans la région des songes. Les Confédérés, les piques baissées, accompagnèrent la dépouille du roi de France à Saint-Denys, sa dernière demeure. Avec Henri tombait le système laborieux d'équilibre qu'il personnifiait; l'action et la réaction recommencèrent.
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Les Espagnols en Valteline. Les Autrichiens en £,étie.
Les Confédérés n'apprirent pas sans surprise que, peu après la mort de Henri IV, les cours de France et d'Espagne s'étaient rapprochées. Les grandes puissances se donnant la main , Berne et Zurich crurent ne pas devoir refuser celle que leur offraient des états moins considérables; ils acceptèrent, en 1612, l'alliance du margrave Frédéric de Baden-Hochberg. Peu s'en fallut que Berne n'entrât dans la ligue que les protestants d'Allemagne avaient conclue à Heilbronn, et à la tête de laquelle ils avaient porté l'électeur palatin, gendre de Jacques Stuart. Cette démarche eût entraîné la Suisse dans la guerre de trente ans ; mais les villes, msT. SUISSE, II 10