‹ Histoire de la Confédération suisseChapitre 35 sur 66 · Î06 LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES · texte numérisé non relu

Î06 LA RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES

l'esprit d'un siècle nouveau. En Suisse, elle affranchit les villes évangéliques du joug de Louis XIV. Deux hommes jouissaient, à cette époque, à un haut degré de la confiance de leurs concitoyens : c'étaient, à Zurich, le bourgmestre Henri Escher, et le banneret Daxelhofer à Berne. Envoyés à Paris, pour y réclamer, dans l'intérêt de Genève, des dîmes séquestrées dans le pays de Gex , ils se montrèrent à la cour les dignes fils d'un pays libre ; ils n'acceptèrent ni sommes offertes, ni chaînes d'or, ni le portrait du roi, qu'ils jugèrent inconvenant de recevoir, n'ayant pas été admis à voir la personne du monarque. Ils en furent récompensés, à leur retour, par l'accueil qu'ils reçurent de leurs concitoyens. A Neuchâtel, la première ville suisse qu'ils trouvèrent sur leur chemin, leurs yeux se remplirent de larmes à la vue de tout le peuple se pressant pour l^s combler de bénédictions. Même réception à Berne, à Zurich. La nation saluait les envoyés qu'elle reconnaissait pour les siens.

La guerre ayant recommencé, une multitude ne s'enrôla pas moins sous les drapeaux de Louis XIV; mais ni l'opposition du roi, ni la crainte d'irriter les cantons catholiques n'empêchèrent, non plus, les villes suisses d'accueillir les ambassadeurs de Guillaume d'Orange, qu'une révolution venait d'élever au trône d'Angleterre, et de leur permettre l'enrôlement pour les Provinces-unies. Plusieurs régiments prirent ce chemin, et leur discipline en fit des corps modèles pour l'armée hollandaise. Un régiment levé dans le Pays de Vaud partit, de son côté, pour le Piémont, sous Jean de Sacconay, qui venait de quitter le service

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