‹ Histoire de la Confédération suisseChapitre 52 sur 66 · ÉLABORATION D'U.X NOUVEAU PACTE · texte numérisé non relu

ÉLABORATION D'U.X NOUVEAU PACTE

Elaboration d'un nouveau Pacte.

1" janvier 1814 a fin 1815.

La diète, convoquée à Zurich, devait, selon l'Acte de médiation, se transporter le !«■■ janvier 1814 à Lucerne, et la charge de landamman de la Suisse passer de Reinhard à Ruttimann, que l'on croyait ardent unitaire. Mais les puissances alliées avaient pris la place du médiateur. Leurs représentants auprès des Confédérés, le chevalier de Lebzeltern et le comte de Capo-d'Istria , insistèrent sur le retour au mode d'agir, selon lequel la présidence de la diète appartenait à Zurich. A ce canton de se constituer en Vorort provisoire ; aux treize anciens cantons d'appeler à eux les nouveaux; à tous, de travailler à une reconstitution de la Confédération, qu'ils présenteraient aux suffrages du congrès des puissances. Il était bien entendu qu'il ne devait plus être question de pays sujets. Se conformant à ces directions , Zurich, Uri, Schwitz, Lucerne, Claris, Zoug, Fribourg, Bàle, Schaffhouse et Appenzell se réunirent les premiers, le 29 décembre, pour fonder une Confédération nouvelle. Le même jour, ils accueillirent la demande de Saint-Gall, Thurgovie, Argovie et Vaud, de s'associer à eux dans ce but. Bientôt après, trois cantons encore, Unterwalden, Soleure et Te.ssin se rallièrent à leur convention.

Berne .se tint à l'écart. Maintenant ses prétentions, sinon sur le Pays de Vaud, du moins sur l'Argovie

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naguère bernoise, il s'adressa à ses « vrais Confédérés, » aux treize cantons de la vieille Suisse et les invita à se réunir sur la base des anciennes alliances. Lucerne, Fribourg, Soleure, les trois cantons primitifs et Zoug le suivirent dans ce mouvement. Uri, de son côté, crut pouvoir se remettre en possession de la Léventine, et Schwitz rentrer dans ses droits sur les districts qui avaient été sous sa dépendance. Deux Suisse se trouvèrent donc en présence, l'une, s'appuyant sur la légalité récente, et défendue avec fermeté par les cantons demeurés réunis à Zurich, l'autre, se faisant forte de la vieille légalité. Mais les monarques alliés ayant déclaré ne vouloir reconnaître aucune diète que celle des dix-neuf cantons, cela suffit pour que la ligue des treize se brisât, et pour que les cantons séparatistes vinssent successivement, Berne le dernier, prendre place dans la diète de Zurich.

Réunis, les députés s'occupèrent de l'élaboration d'un nouveau Pacte. On a nommé la Longue diète celle qui, du 6 avril 1814 au 13 août 1815, chercha les termes d'un accord. Dans cette assemblée, comme dans les cantons, tout devenait aliment à l'irritation des esprits. Sur plus d'un point, la guerre civile fut près d'éclater. L'Autriche avait pris possession de la Lombardie et des provinces naguère sujettes des Grisons; les alliés étaient entrés à Paris; Louis XVIII était monté sur le trône de France; la paix de Paris avait reconnu l'indépendance de la Suisse et garanti l'organisation politique qu'elle se donnerait (30 mai, article 6); les cantons s'étaient l'un après l'autre reconstitués, sur des bases plus ou moins aristocrati-

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