ELABORATION D UN NOUVEAU PACTE
ques; néanmoins tous les essais de reconstitution fédérale échouaient l'un après l'autre. La résistance de Berne était le principal obstacle au rapprochement. Elle ne cessa qu'après qu'il lui eut été fait concession sur concession : encore le Pacte, fruit d'expédients, accepté de guerre lasse, était-il loin d'avoir résolu tous les points en litige. D'un côté, Berne maintenait ses prétentions, de l'autre Vaud refusait absolument de soumettre à un arbitrage la question de son indépendance. La solution de bien des points, de tous ceux entre autres qui touchaient à des questions territoriales, demeura donc réservée au congrès européen qui s'ouvrit à Vienne le 3 novembre 1814.
La Suisse y envoya, comme ses représentants, le landaraman Reinhard, dont l'adresse et la modération n'avaient pas peu contribué aux résultats obtenus, le bourgmestre Wieland, de Bâle, et le conseiller de Montenach, de Fribourg. Leur tâche était difficile. Non-seulement ils étaient liés par de minutieuses instructions, mais ils ne tardèrent pas à se voir entravés par les nombreux agents que les partis avaient chargés de représenter devant le congrès leurs intérêts divers. Les puissances se montrèrent pleines de bienveillance envers les cantons. Déjà elles avaient résolu de réunir à leur Confédération Genève, le Vallais et Neuchâtel; elles voulaient faire davantage.
Dans la pensée de Laharpe, il importait, non-seulement à Genève et à la Suisse romande, mais à l'Europe, de neutraliser, en le donnant à la Suisse, tout le bassin du Rhône. Déjà donc à Paris, il avait demandé pour la Confédération ses limites naturelles, qu'il esti-