LA RÉFORME DANS LES PAYS ROMA-VDS
présence dans les Conseils de la république. Ce qui répondait à la conscience des uns, les autres l'acceptèrent comme nécessité politique. Tous dès lors se montrèrent propagateurs zélés de la réforme, et Berne s'étant bientôt après alliée à Bâle et rapprochée de Zurich, ces trois villes reprirent dans les diètes leur attitude accoutumée; l'équilibre se trouva de cette manière rétabli entre les deux camps qui se partageaient la Confédération.
Comme toutefois le duc de Savoie espérait en la Suisse catholique et comptait sur l'empereur, les hostilités recommencèrent sur les rives du Léman. Une conjuration fut découverte dans Genève, au moment où les portes de la ville allaient s'ouvrir à l'ennemi. Des garnisons savoisiennes occupaient les châteaux de Peney, de Gaillard et de Jussy; une expédition, tentée contre les murs de Peney, ne servit qu'à révéler aux citoyens leur inexpérience dans l'art de la guerre. Néanmoins elle les découragea si peu qu'ils détruisirent leurs faubourgs, s'entourèrent de remparts, essayèrent de quelques sorties, et ne craignirent pas d'ajouter à l'irritation de leurs ennemis en pubhant leur édit de réformation. L'on ne vit, quelques jours durant, que prêtres éperdus et pauvres sœurs réduites à fuir les murs de leur monastère. (1535.)
Une flottille ferma le lac, voie qui servait encore à approvisionner les Genevois de bois, de sel, de blé, et Berne les avisa que, dans les périls où elle se trouvait elle-même, elle ne pouvait songer à venir en aide à ses amis. Cependant la ferme attitude de Genève lui