‹ Histoire de la Confédération suisseChapitre 7 sur 66 · GUERRE DE GENÈVE · texte numérisé non relu

GUERRE DE GENÈVE

gagnait les cœurs. Tout à coup l'on apprit que, voyant la faim dans ses murs, sa ruine imminente, quelques cents hommes des environs de Bienne et de Neuchâtel s'étaient mis en marche, ayant un vieil officier, Jacob Wildermouth, à leur tête, et que, franchissant les hautes joux, ils étaient arrivés au pied du Jura, près du village de Gingins. Deux mille Savoisiens les y attendaient, comptant bien les capturer tous; mais les braves triomphèrent du nombre ; ils achevaient de disperser leurs ennemis, quand ils se trouvèrent en présence d'envoyés de Berne, qui surent leur faire partager l'espoir où ils se disaient d'obtenir pour Genève une bonne paix, et les renvoyèrent à leurs foyers. (Octobre 1535.)

Telle était la situation quand mourut François Sforza, dernier duc de Milan. L'empereur prit possession de ses états, comme d'un fief de l'empire. Le roi de France, de son côté, se souvenant de ses prétentions, se disposa à les faire valoir et, pour y mieux réussir, à s'emparer des états de Charles III. Peu lui importait que ce prince ne lui eût donné aucun motif d'agression, la conquête de la Savoie entrait dans ses plans, et bientôt l'on apprit qu'il y comprenait l'occupation de Genève. Il offrit aux Genevois son secours, que, dans leur détresse, ils acceptèrent. Les premiers auxiliaires français furent dispersés; mais Verey, qui les commandait, n'en pénétra pas moins dans Genève. Il se fit écouter des officiers, aimer des soldats. Il finit par leur faire savoir ce que voulait le roi : il ne demandait que le droit de grâce et le titre de protecteur de la cité. Mais à ce langage, les Genevois se réveillèrent comme d'un msT. SUISSE, II 5

Page 1