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CHAPITRE IV

(Jeanne HACHETTE)

MÈRE ANGÉLIQUE DE SAINT BENOIT

(Jeanne-Louise DAUNOY DE LA NEUVILLE)

La famille Hachette. — Naissance et éducation de Jeanne. — Ses vertus religieuse?, — Elle est élue supérieure. — Sa mort prématurée. — Suffrages pour les sœurs défuntes. — Mère Françoise Lagoille.

Election de Mère Angélique Daunoy de la Neuville. — Sas vertus et sou gouvernement. — L'abbé de Lescure.

A famille Hachette occupait alors un des f^ premiers rangs dans la cité de Reims. ^vVJ^ Enrichie par le négoce, comme la plupart

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des anciennes maisons bourgeoises,

alliée aux meilleures familles de la ville, elle s'était élevée peu à peu aux premières charges municipales.

Plusieurs de ses membres étaient en possession, dans la mag'istrature et le clerg-é, des situations les plus considérables. La foi chrétienne s'y était perpétuée sans altération, et passait de père en fils, comme la partie la plus sacrée de l'héritage. Depuis près d'un siècle cette famille avait toujours compté quelqu'une de ses filles au couvent de la Cong-régation.

Jacqueline Hachette en avait été supérieure durant six ans ; ses deux sœurs, Thérèse et Madeleine, enlevées à la fleur de l'âge, avaient laissé le monastère tout imprégné du souvenir de leurs vertus ; une de leurs cousines, Marie-Thérèse, y avait passé trentetrois ans dans l'exercice de la pénitence pour ellemême et du zèle pour l'instruction des pauvres.

Un frère de Jacqueline, Adam Hachette, qui avait épousé Jeanne Canelle, remplit, durant quelques années, les fonctions de lieutenant des habitants, et fut nommé, à sa sortie de charge, conseiller du roi en l'élection de Reims. Son fils, entré dans les ordres, fut choisi pour vicaire général par l'archevêque Jules de Rohan, et sacré, sous le titre d'évêque de Sidon in partibus infidelium, pour lui servir d'auxiliaire, lorsqu'il serait absent du diocèse.

Jeanne, sa fille, avait choisi le couvent de la Congrégation, afin d'y servir Dieu dans la retraite. Elle y retraçait les vertus simples et modestes de ses parentes, lorsqu'elle en fut élue supérieure, le dix-sept novembre 1767.

Rien de saillant, rien qui attire les regards dans la vie de cette sainte religieuse, sinon la constance de ses efforts vers la perfection. Semblables à ces eaux limpides, qui traversent la plaine sans bruit pour aller se perdre dans l'océan, ses jours s'écoulèrent doux et tranquilles, jusqu'au moment où Dieu l'appela à jouir dans son sein de l'éternelle félicité.

Ayant grandi au foyer domestique comme un lis d'innocence, Jeanne avait eu le bonheur d'être inclinée à la vertu, dès ses tendres années, par l'action la plus douce, la plus suave et la plus salutaire de toutes, celle d'une mère chrétienne et pieuse. Après la première culture de la famille, cette plante délicate fut confiée aux soins des religieuses de la Congrégation. « Dès lors, dit sa biographie, nous remarquâmes en elle un bon caractère, un excellent cœur, une droiture peu commune et un fonds de piété héréditaire dans sa famille, et nous désirâmes la posséder dans la suite, et voir croître sous nos yeux des vertus dont nous ne voyions alors que les germes. »

La perfection, vers laquelle Jeanne aspirait d'instinct, lui apparut peinte sur tous les murs du monastère. Le spectacle vivifiant àe ses maîtresses bienaimées, dont la vertu parlait à ses yeux, provoquait les naissantes ardeurs de son âme. Le souvenir souvent évoqué des plus saintes Mères, déjà parties pour le ciel, surtout la sagesse d'une Règle qui prévoyait toutes choses et n'abandonnait rien au caprice, met-

talent la loi divine comme en un beau relief devant ses yeux, et lui donnaient une juste idée de l'Evangile pratique.

Aussi, dès qu'elle le put, Jeanne sollicita de Mère Marie- Angélique, sa tante, qui était alors supérieure, la faveur d'être admise au noviciat. Celle-ci, charmée de son généreux dessein, lui en ouvrit les portes avec empressement, le trente juillet 1725. Elle était alors dans sa dix-huitième année.

(( Jeanne, écrit l'auteur de sa notice biographique, répondit parfaitement à nos espérances, par sa piété et par son exactitude a nos saintes observances. Tout ce qui avait rapport à Dieu excitait son zèle. Elle le témoignait particulièrement dans le service divin, dont elle relevait la majesté parles agréments d'une belle voix, qu'elle consacra, toute sa vie, sans le moindre ménagement, à chanter les louanges de Dieu. »

Au jour de sa vêture, Jeanne prit le nom de sœur Marie-Thérèse de Saint Jean. Depuis lors, elle s'adonna avec une ferveur constante et calme à l'œuvre de son avancement spirituel.

« Que de fois l'avons-nous vue avec édification, répandre son cœur en présence de Jésus, son Sauveur, surtout pendant le saint sacrifice, auquel elle avait une dévotion singulière !

« D'une conscience timorée, elle se purifiait soigneusement dans la pénitence, et s'approchait de

l'autel avec crainte et tremblement. C'était là qu'elle renouvelait sa foi, qu'elle fortifiait sa confiance et ranimait son courage, par la méditation des excès de l'amour divin, auquel elle s'efforçait de correspondre par un amour de retour ; c'était là surtout qu'elle puisait ces sentiments de charité pour le prochain, dont chacune de nous a tant de fois ressenti les tendres effusions.

« Elle ne craignait rien tant que de voir quelqu'une de ses compagnes dans la peine ; elle se faisait un devoir d'obliger tout le monde et en cherchait les occasions. Supportant tout, excusant tout, elle ne se plaisait que dans la paix. Sensible aux moindres attentions, elle en conservait la plus vive reconnaissance. Aussi bien ses sœurs s'estimaient heureuses de se trouver avec elle dans les emplois. »

Appelée successivement aux fonctions d'infirmière, de zélatrice des novices, de maîtresse du pensionnat et de dépositaire, sœur Marie-Thérèse s'en acquitta à la satisfaction de ses supérieures, et sut y gagner la confiance de ses égales.

Ce fut particulièrement dans la charge d'intendante des classes externes qu'elle signala la charité de son cœur. Nulle de ses élèves n'était exceptée de sa sollicitude ; si elle avait quelque préférence, c'était pour les plus pauvres. Elle ressentait pour elles une certaine prédilection, et elle eût voulu se dépouiller de tout en leur faveur. Que de fois elle les assista, de ses

propres ressources, jusqu'à leur fournir les vêtements dont elles avaient besoin !

Dans raccomplissement de ses devoirs de maîtresse, elle portait un esprit éclairé des lumières de la foi. Si ces fonctions lui paraissaient quelquefois basses dans Tordre de la nature, elle en admirait la grandeur dans l'ordre de la grâce. Elle se souvenait que celui-là sera grand dans les cieux, et brillera dans toute l'éternité, qui aura enseigné aux autres le chemin de la vertu. Ne participe-t-il pas, en effet, à Poccupation des bons anges? Ne marche-t-il pas sur les traces de Jésus-Christ?

Contemplant donc ces jeunes âmes d'un regard surnaturel, sœur Marie-Thérèse s'appliquait à apprendre d'elles avec quelle pureté, quelle soumission, quelle aimable simplicité de cœur elle devait aimer Dieu et le servir, puisque c'est à ceux qui leur ressemblent qu'est réservé le royaume des cieux. Protectrice de leur innocence, elle mettait sa joie à préserver de toute souillure la blanche robe de leur baptême, et souvent, dans le silence de son cœur, elle se repliait sur elle-même pour s'humilier et gémir, dans la crainte que la sienne n'eût souffert quelque dommage.

Autant elle avait de tendresse pour les enfants, autant elle était mortifiée et dure pour elle-même. Mais l'austérité de sa vertu et la continuité de son abnégation n'avaient rien enlevé à la délicatesse et

à la sensibilité de son âme. A l'exemple des Saints, elle couvrait l'immolation des charmes de l'amabilité, de la joie et de l'entrain. L'ineffable bonheur qu'elle puisait dans le sacrifice, rejaillissait sur les traits de son visage et sur tous les dehors de sa personne. Une gaieté franche et cordiale, compagne naturelle de la pureté du cœur, lui communiquait un enjouement et une expansion qui charmaient et égayaient, dans les récréations, les caractères les plus graves.

En la plaçant à leur tête, ses sœurs avaient espéré passer de longues années sous sa houlette. Mais elles allaient être bientôt déçues dans leurs espérances. Mère Marie-Thérèse ne devait que leur être montrée.

Dès le début, sa sollicitude fut sans limites pour la parfaite observance des règles, le maintien de l'union et le bien-être matériel de la communauté. Ayant remarqué que les récréations étaient si courtes dans les jours de jeûne d'Eglise, que celles qui prenaient leur repas à la seconde table n'avaient pas le temps de se reposer, elle obtint du supérieur de la maison, Monseigneur de Sarepte, qu'on les prolongeât d'une demi-heure.

Entre plusieurs religieuses qui moururent sous son gouvernement, il convient de relever le nom de Mère Agnès de Saint Paul, appelée dans le monde Frontenette Herbelin, qui donna l'exemple d'une patience invincible dans les souffrances. Atteinte d'un horrible cancer, dont l'odeur lui causait un extrême

dégoût, Mère Agnès accepta cet état si humiliant avec une parfaite soumission à la volonté divine. Frappée, comme Job, dans sa chair, elle l'imita dans sa résignation. Jamais une plainte ne sortit de ses lèvres : « Dieu le veut, disait-elle simplement ; que sa volonté soit faite ! Il faut faire pénitence ; mieux vaut la faire en ce monde qu'en l'autre. » Sans cesse elle unissait ses douleurs à celles de Jésus-Christ, afm de les rendre méritoires. Elle s'attachait à dompter la nature, et déployait un courage héroïque, pour rester, jusqu'à la fin, fidèle aux observances régulières.

Un autre deuil, non moins pénible pour la communauté, fut celui que causa la mort de Mère Françoise de Sainte Thérèse, nommée dans le monde Marie Lagoille, fille du seigneur de Roquincourt. Cette courageuse fille s'était arrachée aux plaisirs, pour lesquels elle se sentait beaucoup d'attrait, et, après bien des luttes contre le monde, contre ses parents et sa propre nature, elle s'était renfermée à la Congrégation de Notre-Dame, pour assurer son salut éternel.

Malgré la délicatesse de sa complexion, elle avait déclaré la guerre à son corps comme à son plus dangereux ennemi, et l'avait réduit à l'obéissance^ à force de vigilance et de mortifications. Désireuse de n'être connue que de Dieu, elle s'était constamment attachée à se faire oublier autour d'elle. Non seulement elle usait d'adresse pour cacher ses meilleures actions, mais elle ne pouvait souffrir le moindre mot qui fût

à sa louange. La nourriture et le sommeil lui paraissaient des soulagements insupportables. Elle n'en usait qu'en gémissant, et elle s'en retranchait le plus possible. Ayant réussi, à force d'instances, à se faire nommer excitatrice, elle se leva, pendant de longues années, à trois heures et demie du matin, ne se couchant qu'à dix ou onze heures du soir, et néanmoins elle ne trouvait pas les journées assez longues pour mater son corps à son gré K

Quinze mois ne s'étaient pas encore écoulés depuis l'élection de la Révérende Mère Hachette, et ses filles avaient à peine eu le temps d'apprécier le caractère maternel de son gouvernement, lorsqu'une mort inopinée la ravit à leur affection, le sept février 1769. Inconsolables dans leur douleur, elles lui donnèrent tous les témoignages de regret en leur pouvoir, et multiplièrent leurs suffrages pour le repos de son àme.

La mort, en effet, peut bien séparer les corps, mais elle ne sépare point les âmes des pieuses filles de Notre-Dame, et ne refroidit pas la mutuelle charité de leurs cœurs. Une Règle sage a tout prévu pour le soulagement spirituel de la religieuse qui part pour l'autre monde. Dès qu'elle a fermé les yeux à la

^ De 1860 à 1868, la Congrégation eut pour pensionnaire une arrière-petite-nièce de Mère Françoise de Sainte Thérèse, Marie de Dion de Ricquebourg, aujourd'hui vicomtesse de Vesvrotte.

lumière, ses compagnes se succèdent deux à deux près de ses restes mortels, récitant les vigiles jusqu'après l'inhumation. Le jour même, on fait offrir autant de messes que l'on en peut obtenir, et, pendant les trente jours qui suivent, le saint sacrifice est célébré chaque matin pour son repos éternel. Pendant le même mois, sa portion est servie au réfectoire comme de coutume, et donnée ensuite à quelque pauvre. Après le diner, la communauté récite pour elle le Miserere^ et, après le souper, le De Profundis, Chaque religieuse de chœur lui doit l'aumône de neuf vigiles et de cinq communions ; chaque sœur converse, celle de cinq communions et de cinq rosaires ou d'un certain nombre de psaumes.

Au souvenir pieux de celle qui vient de partir, se joint déjà la pensée de celle qui est destinée à paraître la première au tribunal de Dieu. Suivant l'antique usage pratiqué dans le couvent de sainte Mechtilde, les religieuses récitent six mille six cent soixante-six Pater et autant à'Ave^ en l'honneur de la passion du Sauveur, pour lui obtenir la grâce d'une bonne mort.

Dix jours après le décès prématuré de Mère Hachette, elle fut remplacée dans sa charge par Mère Angélique de Saint Benoit, connue dans le monde sous le nom de Jeanne-Louise Daunoy de la Neuville. Elle était âgée de soixante-huit ans, et en avait passé cinquante dans la maison. Son gouvernement ne fut que la continuation de celui de Mère Hachette; car

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ses vertus toutes maternelles, sa douce fermeté et surtout son grand esprit de justice et d'impartialité la prédisposaient à suivre les mêmes traditions.

Jeanne-Louise n'était entrée en religion, dans sa jeunesse, qu'après bien des luttes contre la tendresse paternelle. Henri Daunoy, son père, seigneur de la Neuville, et sa mère, Henriette de Chartogne, qui n'avaient point d'autre enfant, s'étaient livrés pour elle aux rêves les plus séduisants de leur imagination. Mais tandis qu'ils formaient des projets d'avenir dans le monde. Dieu parlait au cœur de Louise et lui faisait comprendre que la demeure du chrétien n'est point ici-bas, qu'il ne doit point y fixer sa tente, et que son véritable avenir est au ciel.

Aussi, loin d'être séduite par le vain éclat dont on l'entourait, Louise en saisit tout le vide. Elle sentit son cœur assailli par cet ennui sans cause, indicible tourment des âmes supérieures, qui n'est autre chose que le besoin de l'infini. Eclairée parla lumière divine, elle ne vit plus dans la noblesse de son origine et la délicatesse des personnes de sa condition qu'un danger de plus pour son innocence et son salut. Elle résolut de se mettre à l'abri de ces périls en se consacrant tout entière à Dieu. Ayant été quelque temps pensionnaire à la Congrégation de Rethel, on crut d'abord qu'elle s'y retirerait, mais elle fit choix de la maison de Reims, qu'elle avait eu l'occasion de connaître, son père étant originaire de cette ville.

Quand vint le temps de sa profession, ses parents, qui ne pouvaient se résoudre à une séparation définitive, demandèrent une prolongation d'épreuve. Quelque sensible que lui fût ce retard, la jeune vierge obéit sans murmure, assurée qu'elle était de ne jamais revenir en arrière.

Naturellement douce et bonne, sœur Angélique de Saint Benoît faisait le charme de ses sœurs, et leur plaisait d'autant plus, qu'à ses bonnes grâces, s'ajoutait l'aimable simplicité qui s'ignore elle-même. Mais à côté des dons de la nature, dont elle se souciait peu, elle s'appliqua à acquérir les vertus solides qui, seules, rendent estimable aux yeux de Dieu.

Suivant l'avis du Sage, elle cherchait à prendre conseil en toutes choses, et sa conscience, délicate et timorée, quoique sans scrupules, aimait à se reposer sur les lumières et l'autorité d'autrui.

Aussi parcourut-elle sa carrière religieuse dans une paix profonde. La sérénité de son âme se traduisait par cette grande égalité d'humeur, qui la montrait toujours calme, toujours semblable à elle-même, et par cette constante charité, qui lui faisait rechercher toutes les occasions d'obliger le procJiain. La confiance de ses compagnes et de ses supérieures l'appela à toutes les fonctions les plus délicates ; car elle fut nommée successivement maîtresse du noviciat, conseillère, intendante des classes, assistante, et enfin supérieure de la communauté.

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Le grand âge de Mère Angélique pouvait faire pressentir qu'elle ne resterait pas longtemps en charge. Elle n'y resta, en effet, que trois ans. Mais, pendant ce temps, elle sut conserver dans sa communauté la paix et l'union, et se rendit surtout chère à ses filles par sa haute impartialité. Elle écoutait tout le monde avec une égale attention, et vérifiait soigneusement tout ce qui était déféré à son tribunal. Elle ne pouvait souffrir de prévention contre personne et toujours elle conservait une oreille favorable pour les absents.

Dans la dernière année de son triennat, ayant atteint ses cinquante ans de profession, elle voulut renouveler ses vœux avec solennité. Durant un mois, toute la communauté se prépara, par de pieuses supplications, à cette fête jubilaire, et, le jour venu, on lui donna tout l'éclat possible. La vénérable Mère fut si sensible à ces marques de piété filiale, qu'elle en témoigna sa gratitude par un riche cadeau à la chapelle.

Cette fête fut pour elle comme le signal du départ. Les défaillances de la nature l'avertirent bientôt que l'Epoux approchait. Mais cette fidèle épouse, qui n'avait cessé de tenir de l'huile dans sa lampe, s'avança avec allégresse à sa rencontre, et le vingt-sept octobre 1772, étant âgée de soixante-onze ans, elle fut admise au vrai festin des noces éternelles.

Elle avait rebâti, pour cause de vétusté, une des maisons comprises dans la clôture. Afin d'atténuer la Il 6

dépense, elle avait fait extraire tous les matériaux jetés enterre en 1681 pour servir de fondations à un second corps de logis. Les frais de cette construction s'élevèrent néanmoins à plus de trente mille livres. Ils furent couverts par des sommes que la communauté tenait en réserve, et que la dépréciation des rentes l'obligeait à garder sans pouvoir en tirer profit.

Ce fut l'année même de la mort de la Révérende Mère Angélique Daunoy que Pabbé Antoine-Pierre de la Condamine de Lescure, vicaire général de Charles-Antoine de la Roche-Aymon , fut nommé supérieur ecclésiastique de la communauté.

Illustre par sa naissance, âgé seulement de trentecinq ans, et déjà recommandable par ses talents et ses vertus, M. de Lescure va présider aux destinées de la maison pendant vingt ans, jusqu'au jour où nous le verrons, glorieuse victime de la foi, tomber sous les coups d^une populace en délire.

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