CHAPITRE V
(Marie-Catherine ESTAYS DE BOLOGNE)
MÈRE MAPtIE-JEAME DE S' AMBROISE
(Jeanne CANELLE)
Marie-Catherine Estays de Bologne. — Sa sœur, Mavie-Eléonore. — Son gouvernement. — Son cinquantenaire. — Election de Mère Marie-Jeanne de Saint Ambroise (Jeanne Canelle). — Sa jeunesse. — Ses vertus religieuses. — Sacre de Louis XVI. — Mère Varlet de la Loge. — Retraite de dix jours. — Indulgences perpétuelles. — Augmentation de la pension des élèves. — Attestation du Conseil de ville en faveur de la Congrégation. — Restauration des bâtiments. — Monseigneur de Talleyraud-Périgord.
E dix-sept février 1773, eurent lieu les élections, et la communauté choisit pour supérieure la Mère Marie de Saint Louis, appelée dans le monde Marie-Catherine
Estays de Bologne. Elle était âgée de soixante-trois
ans.
Marie-CaLherine était née à Reims, dans la maison de M. Lagoille,son grand-père. Mais ses parents habitaient Versailles, où son père, François Estays de Bologne, était apothicaire du roi. De bonne heure, elle avait entendu la voix de Dieu qui l'appelait dans la solitude ; et, à l'exemple du jeune Samuel, docile à l'appel céleste, elle avait répondu : » Me voici, Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté. »
Trois mois seulement passés parmi les pensionnaires lui suffirent pour se déterminer à embrasser la vie religieuse. Avant d'avoir atteint sa dix-septième année, elle sollicita la faveur d'être admise au noviciat, et, moins d'un an après, elle prenait l'habit et échangeait son nom contre celui de sœur Marie de Saint Louis.
Elle prouva, dès le début, qu'elle n'avait rien plus à cœur que sa sanctification. La constante application qu'elle y apporta fit concevoir à ses supérieures les plus belles espérances pour l'avenir. Jugement droit et sûr, humeur égale et paisible, piété solide, amour de l'Eucharistie, tendre dévotion envers la Sainte Vierge, respect et dépendance vis-à-vis des supérieures, dévouement à l'instruction de la jeunesse, fidélité à toutes les observances régulières, elle réunissait en sa personne un assemblage de qualités et de vertus propre à en faire une religieuse d'élite.
Déjà heureuse de sa vocation, elle le fut bien plus