‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 117 sur 192 · MARCHE ET COMBATS W 29 JUIN · texte numérisé non relu

MARCHE ET COMBATS W 29 JUIN

redescendre à la position qu'il m'avait fait quitter, manœuvrer à gauche des maisons qu'avaient occupées, à cinq heures, mes voltigeurs, et, prenant direction sur un arbre apparent qui se trouvait, disait-il, immédiatement au-dessus du fort de l'Empereur, aller m'y établir en ayant soin de mettre mes troupes à l'abri du boulet. A mon arrivée sur la gauche de ma première position, je fis reconnaître le seul ravin que, d*après l'opinion de M. le général Tolozé, j'avais à traverser pour arriver k l'arbre remarquable qui, disait-il, se trouvait au-dessus du fort de l'Empereur. Le ravin fut descendu et gravi lentement par le flanc. Au fond de ce ravin, je rencontrai M. le chef de bataillon Perrin, qui me transmit l'ordre de le remonter pour occuper la maison consulaire d'Espagne. Mes brigades m' ayant dépassé, je me trouvai dans l'impossibilité de m'y conformer immédiatement. En arrivant au sommet du ravin, j'en vis un second plus profond et plus difficile devant moi, et je découvris le fort de l'Empereur à ma droite. J'arrêtai alors la marche de mes brigades, qui couronnèrent ce second ravin, et je leur prescrivis de se diriger vers les consulats d*Espagne et de Hollande. Elles arrivèrent avec beaucoup de fatigues aux positions qu'elles occupent encore, c'est-à-dire le 49* sur le penchant méridional de la croupe qui commande le château de l'Empereur, le 6* se liant par sa droite avec le 49*, et ayant sa gauche en arrière des maisons consulaires d'Espagne et de Hollande, la brigade d'Arcines à gauche de la brigade Danrémont ^ »

Le général Berthezène continua donc seul son mouvement ascensionnel sur les pentes du Boudjaréa. La brigade Achard remonta vers la Yigie, et remplaça la division des Cars, tandis que la brigade Clouet restait en position sur le plateau où elle avait «té rejointe par la division Loverdo^ lorsqu'un nouvel ordre la fit bientôt redescendre vei^ sa première position.

A la fin de la journée, les positions se trouvaient donc ainsi distribuées : le lieutenant général des Cars occupait, à la droite,

' Rapport du général Loverdo au commandant en chef.

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402 niSTOIRE DE LA CONQUÊTE D'ALGER.

la position prinûtivement destinée à la division Berthezène; le général Berthezène occupait, à gauche, la position primitivement destinée à la division des Cars. Le général Loverdo, après avoir été éloigné un moment de sa position du centre, y avait été ramené par de nouveaux ordres.

On ne saurait expliquer la seconde phase de la journée du 29 juin ^ avec ses mouvements contradictoires, et les ordres et les contre-ordres donnés par Tétat-major général, sans admettre qu'il y eut dans Tesprit du général Després deux opinions successives sur la position du château de TEmpereur et d'Alger. Dans la première phase de la journée, tous les mouvements peuvent s'accorder avec la position v^table de ces deux points. Déjà,, cependant, Tordre donné au duc des Cars de couper l'ennemi dans sa retraite^ en appuyant sur sa gauche, qui gravit les pentes du Boudjaréa, indiquent une disposition à supposer le château de l'Empereur et Alger plus à gauche de Tarmée qu'ils ne le sont réellement. Tous les ordres donnés entre cinq et six heures du matin tendent à repoiier l'armée vers la gauche, et la division des Cars, qui garnit les hauteurs du Boudjaréa, est le pivot sur lequel s'appuie tout le mouvement. On prescrit au général Berthezoae de remonter les pentes du Boudjaréa pour appuyer la troisième division; on avertit la division Lioverdo que, trompée par la reconnaissance de Boutin, elle a trop appuyé sur la droite, et on lui prescrit de suivre le mouvement de la division Berthezène.

Toutes ces prescriptions deviennent motivées, si l'on suppose un moment qu'Alger et le fort l'Empereur sont situés plus à gauche qu'ils ne sont réellement, c'est-à-dire entre le cap Pescade et le Boudjaréa. Le général Berthezène et le général Loverdo sont d'accord sur la circonstance qui put tromper le dief d'état-major général. Un brouillard épais couvrait le cours de l'Aratch et la Métidjah. On crut qu'on voyait la mer là où s'étend cette plaine, et qu'au lieu de marcher sur la route d'Alger, en suivant la voie romaine, le général Loverdo suivait la route de Constantine. En un mot, on admit que l'on portait le mouvt^

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