‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 118 sur 192 · MARCHE ET COMBATS DU 29 JUIN · texte numérisé non relu

MARCHE ET COMBATS DU 29 JUIN

ment général trop à droite et que Ton dépassait Alger. On s'était guidé, dans tout le cours de cette campagne, sur la carte Boutin, qui est fautive en plusieurs endroits; on put supposer, et, à la vue de ce brouillard qui dérangeait toutes les idées, on supposa que Boutin, en réalité parfaitement exact pour cette seule portion des environs d'Alger, avait commis une erreur qu'il fallait se hâter de rectifier, en faisant opérer aux trois divisions des mouvements qui reporteraient la division Berthezène à Textréme gauche, et la division Loverdo sur la gauche; la division des Cars, que Ton devait supposer naturellement arrivée à un bon point, puisque, formant primitivement la gaucho, elle devait être près du but si le mouvement général avait été porté trop à droite, fut destinée, dans la nouvelle combinaison, à former l'extrême droite, et à couvrir sur-le-champ la position de droite, qui laissait Alger en communication avec le pays. Ainsi Ton destina le duc des Cars, auquel on avait commandé, à cinq heures du matin, d'arrêter son mouvement pour laisser à la droite le temps d'achever le sien^ la tâche d'ouvrir le siège à droite. Le général Loverdo iut appelé à suivre le général Berthezène et à dépasser la division des Cars, pour occuper la position qu'on croyait appartenir à l'attaque du centre. Le général Berthezène, dont on croyait la division hors dévoie et inutilisée, dut remonter les pentes du Boudjaréa pour aller occuper la position qui devait appartenir à l'attaque de gauche.

A sept heuresdu matin, le général en chef se rend de sa personne sur le terrain de la vigie de la Marine, où se trouve la division des Cars*. Alors il reconnaît que l'état-major général s'est trompé sur la véritable position du château de l'Empereur et d'Alger. La reconnaissance Boutin, qu'on avait cru fautive, est exacte sur ce point*. Alors le contre-ordre arrive au général Loverdo, qui

* Journal militaire communiqué par le duc des Gars.

^ Journal mîlitaii'e communiqué par le duc des Cars.

' La reconnaissance Boutin , défectueuse pom' toute la partie de la côte nord et du versant nord du Boudjaréa, est suffisamment exacte pour tout le versant ouest et t<Nite la route suivie dans les attaques.

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est renvoyé à sa première position. Le général Berthezène, dont le mouvement est déjà trop prononcé pour être arrêté, continue seul son mouvement. H sera remplacé à la droite par la division des Cars. Elle reçoit, en effet, à onze heures du matin, Tordre de se diriger vers la position de droite; seulement elle aura un parcours beaucoup plus long à faire que ne l'avait supposé l'étatmajor général, lorsqu'au commencement de la seconde phase de la journée il lui assignait ce poste.

Voilà, ce semble, l'explication la plus plausible des deux phases de la journée du 29 juin. Les faux mouvements dont est marquée la seconde viennent d'une erreur d'appréciation lopographique de la part de l'état-major général. Quand ses idées sont rectifiées, il rectifie ses ordres. Les divisions de droite et de gauche échangent leurs positions ; mais les points essentiels pour les opérations du siège sont occupés.

C'est ainsi qu'à travers des malentendus, des confusions, de faux mouvements déterminés par une erreur de l'état-major général, avec plus de fatigues et un peu plus de périls, on arrivait au but. L'armée était devant le fort de l'Empereur. Le dernier acte de la campagne allait s'ouvrir. Les troupes avaient .montré beaucoup de vigueur et d'entrain dans les combats qu*il avait fallu livrer*pour débusquer les Turcs de leurs positions. La brigade d'Arcines, vigoureusement conduite, s'était distinguée. La division des Cars avait eu la principale part à ces vifs engagements. Après avoir enlevé la première hauteur, il y eut un effort énergique à faire pour enlever le second ravin. Les Turcs revinrent plusieurs fois à la charge, mais ils furent culbutés. Dans une de ces dernières luttes, qui eut pour théâtre une côte couverte de maisons, les musulmans, après s'être énergiquement défendus, égorgèrent leurs femmes et leurs en&nts, pour les empêcher de tomber dans nos mains, indice certain de la passion furieuse avec laquelle ils avaient combattu. Un vif enthousiasme éclata parmi les troupes françaises quand elles aperçurent le fort de l'Empereur et, à quelque distance, Alger la guerrière, ses minarets, son port, ses murailles blanches, ses

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