SIÈGE DU FORT DE ^EMPEREUR
En outre, la brigade Achard avait quatre pièces de position placées sur un mamelon, en arrière de la batterie Saint-Louis, et dont le feu portait dans Tintérieur du fort de l'Empereur et commandait ses communications avec la Casaubah. Cette batterie, qui soutenait la batterie Saint-Louis, la plus menacée de toutes parce qu'elle était la plus rapprochée du fort, dont elle prenait la face en enfilade, devait faire beaucoup de mal à Tennemi.
Le quartier général s'était établi sur la droite de la vote romaine, en arrière des consulats de Hollande et d'Espagne. Cinq brigades étaient employées au siège, une de la première, deux de la deuxième, deux de la troisième. Quatre brigades étaient employées à la chaîne d'observations. La première et la deuxième brigade de la division des Cars se trouvaient à la droite du quartier général, qui était la partie la plus menacée par les troupes qui pouvaient venir de la porte ou du fort de Bab-Azzoun. La brigade Danrémont, détachée de la deuxième division, était placée^n avant de la division des Cars, presque immédiatement derrière le consulat de Suède, et par conséquent derrière la batterie d'Henri IV. La brigade Achard, détachée de la première division, occupait dans la direction opposée, c'està-dire sur l'extrême gauche de l'armée de siège, une position d'où elle dominait le fort des Yingt-Quatre-Heures, le faubourg et le fort de Bab-el-Oued, et couvrait la batterie de Saint-Louis. Le reste de l'armée assurait les communications de Sidi-Ferruch à la nouvelle position. Une brigade de la deuxième division occupait le camp de Sidi-Ferruch ; une brigade de la première, Staouéli, en portant sa gauche à Aïn-Mahmoud, près de l'Oued-el-Call; une brigade de la troisième ob- . servait la route de Coléah et les débouchés de Hidra. Les parcs du génie, de l'artillerie, des vivres, étaient en arrière du quartier général, les deux premiers à droite, le troisième à gauche de la voie romaine qui conduisait aux batteries. Les difficultés que rencontrait l'administration augmentaient : il fallait franchir une distance de cinq lieues pour approvisionner l'armée. La consommation journalière exigeait 59,000 rations de pain, 50,000
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4U fflSTOIRE DE LA CONQUÊTE D'ALGER.
de riz, 15,000 litres de vin, 1,0C0 litres d'eau-de-vie et 5,C00 rations de fourrages. Le poids total des subsistances à transporter de Sidi-Ferruch à la position occupée par Tarmée, devant le château de TEmpereur, était de 72,000 kilogrammes par jour, c'est-à-dire le chargement de 82 voitures et de 300 mulets de bât, indépendamment de Tapprovisionnement des redoutes qui protégeaient le parcours *. L'eau, qu'on avait craint, avant la campagne, de ne trouver nulle part, se rencontrait partout avec abondance. C'est vers le point où nous étions arrivés que l'aqueduc qui la conduit à Alger commence. Nos soldats, qui joignaient aux vertus de notre caractère national les défauts qui leur servent d'ombre, abusaient de cette abondance avec une imprévoyance et une légèreté contre lesquelles toutes les recommandations demeurèrent inutiles. Combien de fois ne vit-on pas les fantassins percer les tuyaux des fontaines afin de remplir les bidons, sans faire quelques pas de plus qui auraient conduit à la source! plus d'un cavalier brisa les conduits d*un aqueduc pour faire boire son cheval •. 11 en résulta que l'eau manqua sur quelques points à force d'être prodiguée. Cette imprévoyance et la négligence à se garder lurent les deux seuls défauts qui ternirent les grandes qualités militaires déployées par nos soldats dans cette campagne.
Tandis qu'en avant du quaHier général on travaillait activement à creuser la tranchée et à construire les batteries, la route qui conduisait de Sidi-Ferruch au camp était sans cesse sillonnée par des convois protégés par de fortes escortes, qui amenaient au camp actif des vivres, des munitions et le matériel du siège. Tous les services rivalisaient de zèle et s'entr aidaient pour arriver plus vite et plus sûrement au but.
L'établissement des tranchées et la construction des batterie> furent contrariés par des attaques fréquentes des Turcs. Ces
' Précis historique et administratif de la campagne d'Afrique^ par le haron Denniée, page 53.
* Voir les relations du prince de Schwaiwnberg, du chef de bataillon Ferael ctde M. Barcbou de Penhoen.
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