‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 135 sur 192 · EXPÉDITIONS DE BONE, TUNIS, ORAN · texte numérisé non relu

EXPÉDITIONS DE BONE, TUNIS, ORAN

vage. Entré dans la YÎUe, M. de Lesseps annonça à la municipalité assemblée la prise d'Alger, TenYoi de la brigade Damrémont et la mission pacifique du commandant de la Bellone, qui la précédait. Ces nouvelles déterminèrent les habitants de Bône à reconnaître la souveraineté de la France. Néanmoins, comme la Bellone ne pouvait mettre à terre qu'une force insuffisante pour occuper et défendre la place, et que Tintroduction des Français eût vraisemblablement engagé le dey à changer le blocus en attaque ouverte, il fut convenu que la capitulation par laquelle les habitants reconnaissaient la souveraineté de la France ne serait mise à exécution que lorsque le général Damrémont arriverait avec les troupes de débarquement. C'est ce qui eut lieu en effet.

Un agent français, dont le nom s'est déjà rencontré dans cette histoire, M. Raimbert, ancien agent des concessions françaises en Afrique, était à bord de l'escadre; il avait conservé des intelligences dans la ville, et contribua avec M. Jules de Lesseps à persuader aux habitants de recevoir les troupes françaises dans leurs murs. Le général Damrémont prit aussitôt toutes les dispositions nécessaires pour s'établir militairement dans la ville. La soumission des habitants de Bône n'entraînait en aucune foçon la soumission des tribus du voisinage qui la bloqyaient. 11 mit un bataillon à la Gasaubah de Bône, citadelle qui s'élève à 400 mètres de l'enceinte de la ville, et plaça le r^te de ses troupes dans la ville même, et dans deux redoutes, construites à droite et à gauche de la route de Constentine. L'événement justifia ces précautions. Les 6, 7 et 8 août 1830, il fut trèsvivement attaqué; enfin, le 11, il y eut une attaque générale exécutée avec la plus grande vigueur, sous la conduite du cheik de la Galle, et que nos troupes ne repoussèrent qu'avec de grands efforts et après une lutte acharnée. Les Arabes vinrent se faire tuer jusque dans nos redoutes, où ils abordèrent les nôtres à Tarme blanche. Cette rapide campagne fit le plus grand honneur au général Damrémont \ à qui sa conduite in- * Général de dÎTÎsion et gouverneur de l'Algérie en 4857.

Googk

488 UISTOIRE DE LA CONQUÊTE D^ÂLGER.

iciligente, modérée, prudente et ferme concilia en outre, les sympathies des indigènes, dont il respectait les usages et ménageait les intérêts.

Pendant que nos troupes combattaient à Bône a^ec un courage couronné de succès, le contre-amiral Rosamel paraissait devant Tripoli avec son escadre, et obtenait la satisfaction demandée, lie capitaine Louis de Bourmont, fils aîné du maréchal, envoyé à Oran pour recevoir la soumission du bey, terminait sa mission avec un égal bonheur. Il trouva en arrivant, le 24 juillet 1830, à six heures du soir, le bey bloqué par les tribus arabes, qui voulaient profiter de la chute du dey d'Alger ppur conquérir leur indépendance. Chargé d'années et fatigué du pouvoir, ce bey ne demandait qu'à abdiquer entre nos mains, pour aller finir ses jours en Asie en y emportant ses richesses.

Le capitaine Ijouis de Bourmont, entrant en rapport avec lui, reçut de sa' bouche cette assurance, et il lui remit une déclaration, dans laquelle il reconnaissait que « le seigneur bey, ses officiers, les soldats composant les troupes d'Oran, ainsi que les autorités, les principaux habitants de la ville, jouiraient de la faculté de se retirer où bon leur semblerait ou de demeurer, sous la domination du roi de France, dans le pays qu'ils habitaient aujourd'hui. » Pendant cette conférence, le capitaine Leblanc, commandant le brick le Voltigeur, mit à terre 110 hommes tirés de son équipage et de celui de r£i<dymtOR, en leur prescrivant de s'emparer du fort Mers-el-Kébir, situé à trob lieues de la ville vers Touest, et qui était mal gardé par sa garnison. Ce fort, maîtrisant une des meilleurs rades de la côte septentrionale de l'Afrique, offrait à la croisière un refuge assuré, et mettait en mesure de resserrer le blocus de la ville, dans le cas ou l'ennemi serait maître d'Oran. La garnison n'opposa pas la moindre résistance. Le capitaine Louis de Bourmont retourna à Alger sur le brick le Dragon, pour faire part au comnumdant en chef de cet événement, des résolutions du bey, et laissa la garnison française en possession du fort et appuyée par la présence des deux bâtiments qui restèrent en rade. Sur le rapport

Googk

Page 1