‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 143 sur 192 · RACES ET TRIBUS · texte numérisé non relu

RACES ET TRIBUS

^flueiice de cette famille s'étendait sur les tribus des montagnes d*Ouennougah. Au nord de la Medjanah est la petite ville de Zamora, à Test Touthan des Amer-Gharaba, où se trouve, à 140 kilomètres d'Alger, Sétif, sur les ruines de l'ancienne Sitifi romaine, détruite par les Vandales, et qui avait donné son nom à la Mauritanie sitifienne. En tirant plus à Test encore, on trouve la petite ville de Milab, distante de 9 lieues de Constàntine. Le territoire situé entre ces deux villes, et celui qui entoure Constantine, dans un rayon d'à peu près neuf lieues, sont habitées par de petites peuplades appelées par le gouvernement turc pour cultiver les terres domaniales, nombreuses dans cette province.

Les plateaux à Test du Niff-en-Nesser sont moins élevés que ceux de Touest, et descendent en s'affaissant de plus en plus jusqu'aux frontières de Tunis. Deux tribus importantes, et dont les kaïds jouaient un grand rôle, les Harakta et les Hanencba, limitrophes de la régence de Tunis, tenaient la première place dans cette contrée. Toujours dans la direction des frontières de cette régence, mais plus au sud, est la ville de Tebassa, la Tevista des Romains.

Ces plateaux sont bordés au sud par les montagnes de Bellezma, qui appartiennent au même système que celles d'Ouennou- . gahf c'est-à-dire au chaînon transversal desBiban, chaînon qui, par rOuennougah et le Bellezma, se rattache à TAourez, massif montagneux, qui fait partie de la chaîne atlantique méridionale et se relie au Djebel-Sahari de la province de Tilery par le Djebel-Meharka. Toutes ces localités montagneuses sont peuplées de nombreuses tribus.

Au sud de TAourez et du Djebel-Meharka, s'étend la partie du Sahara appelé le Zab, au pluriel les Ziban. La ville de Biskara, à 240 kilomètres sud-ouest de Constantine, est la plus importante de cette région, qu'on pourrait comparer à un archipel d'oasis où s'élèvent une quarantaine de petites villes ou villages. Entre ces oasis errent des tribus nomades, sauvages et guerrières.

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524 TABLEAU DE. LA CONQUÊTE DE L ALGËitlE.

On évaluait la population de la province de Constantine au moins à 1 ,500,000 âmes.

Ce rapide aperçu, emprunte presque tout entier au iràvA récent d'un homme qui a étudié la carte de l'Algérie sur Ie> lieux ^, donne déjà une idée des difficultés qu'allait rencuutrer la conquête française. Ces difficultés étaient de deux oatures. Les unes tenaient aux lieux eux-mêmes. L'Algérie esl. on Ta dit, un pays formé de trois espèces de terrains : la côte ou Sahel; le Tell ou les plateaux, qui n'occupent que le tiers Au territoire et qui, du côté d'Oran, sont interrompus par des espaces incultes que nous avons appelés le petit désert; enfin l« Sahara ou la plaine. Les chaînes de l'Atlas qui traversent \e pays dans toute sa longueur, et qui sont entrecoupées de vallées et de ravins où descendent les sources et les rivières, |>ivsentent partout des positions faciles à défendre, dilTiciles à allaquer, des pentes escarpées, des pics élevés, des gorges étroites et profondes, des cours d'eau torrentueux. La contrée saharienne ottrait un autre obstacle dans ses plaines immenses, où de rapides cavaliers sont difficilement atteints. Nulle part des chemins frayés, partout la même nécessité de tout porter avec soi. Puis venaient les difficultés résultant delà nature des populations. Non-seulement on n'avait point affaire à une race homogène, mais les différentes races du pays étaient partagées en tribus indépendantes les unes des autres, de sorte qu'il fallait conquérir individuellement l'Algérie, tribu à tribu. 11 est nécessaire d'entrer ici dans quelques détails sur le caractère des dif férentes races.

Au moment de la conquête, la population de l'Algérie se divisait en catégories très-distinctes d'origines, de mœurs, d'intérêts, de tendances.

On y comptait les Turcs, race conquérante et longtemps dominatrice, dont le gouvernement venait d'être renversé à Alger; les Koulouglis, fils de Turcs et de femmes indigènes, race

^ M. Pélîssier de Renaud.

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