DIVERSES PHASES DE LA LUTTE
iialiic arabe, puis({u'en traitant avec lui nous le reconnaissions comme souverain, acquiert une importance bien plus grande encore par le traité de la Tafna, faute politique glorieusement reparée par les succès militaires de celui qui avait signé ce traité en 1837. Tandis que nous nous essayons au gouvernement de l'Algérie, dans la province de Constantine et dans la banlieue d'Alger, Âbd-el-Kader jette les fondements d'un gouvernement arabe dans la province d'Oran et dans celle de Titery, et il devient évident, par les progrès toujours croissants de sa domination, que nous devons détruire par la force des armes cet empire rival, ou nous résigner à être tôt ou tard expulsés de r Algérie.
Cette situation aboutit à la rupture du traité de la Tafna en 1 840. Alors s'ouvre la troisième phase, c'est la grande lutte de la France contre Abd-el-Kader. Elle remplit sept années, de 1840 à 1847, et se termine parla soumission d'Abd-el-Kader, qui, à bout de voies, vient lui-même se remettre aux mains du général Lamoricière, redoutable adversaire qui a eu une si grande part k sa ruine.
Ainsi lutte contre les débris de la souveraineté turque peudant sept ans, essai de bon voisinage entre la souveraineté française et la domination arabe pendant trois ans, lutte entre ces deux puissances pendant sept ans, et défaite définitive de la souveraineté arabe dans la personne de Témir Abd-el-Kader : voilà tout le mouvement de cette histoire.
imKNlÊBE Iii.\SB : LCTTB CONTRE LES HÉftRIS DE U DOMINATION TURQUE.
Sans entrer dans le récit circonstancié des événements qui remplirent ces trois périodes, il importe d'en indiquer du moins la portée et la direction, et de mettre en relief les faita principaux.
Eu dirigeant contre les débris du gouvernement turc le plus grand effort des armes françaises, le maréchal Clausd et ses successeurs ^iyirent Timpulsion qui nous avait amenés sur le littoraljde l'Algérie, et, pour être instinctive, cette conduite n'aorait rien eu d'impolitîque, si Ton avait su remplacer après avoir détruit. Quand le terrain sur lequel on veut construire e^t occupé, il iaut préalablement démolir les anciennes constructions ; la démolition de la domination turque à Constantine, s Titery, comme à Oran, devait donc précéder l'établissement de la puissance française dans Vancienne Régence.
Par malheur dans ces premiers temps, l'incertitude des tolontés est extrême; le gouvernement, en proie aux embarras d'iu établissement nouveau, n'abdique pas le glorieux legs de la Restauration, mais, comme on Ta dit, il en est embarrassé*. On ne sait ni ce que l'on peut, ni ce que l'on doit, ni ce que l'on veat faire. Ce vague des idées, ce tiraillement des volontés, se reflèteol dans l'extrême et rapide mobilité dont est marqué le choix do hommes qu'on envoie gouverner l'Algérie. Naturellement chacun de ces acteurs nouveaux arrive sur cette scène nouvelle pour lui avec des idées particulières qu'il veut faire prévaloir. Le 61 de la tradition est sans cesse rompu par ces nouveaux arrivants ; ae lieu de continuer, on recommence, et l'on piétine au lieu de marcher.
Quelques dates et quelques noms suffiront pour donner une idée de ces changements.
Le 2 septembre 1830, le général Clausel vint prendre k commandement de l'armée à la place du maréchal de Bourmont. 11 n'y demeura, cette fois, que quatre mois, jusqu'au mois de janvier 1831 , époque où il fut remplacé par le général Bertbe zène, qui conduisit les affaires de T Algérie pendant un an, jus^ qu'au mois de janvier 1832. Le général duc de Rovigolui succéda à cette époque, et quitta l'Algérie au mois de mars 1833, pour cause de santé, après un peu plus d'un an de résidence. Il y eut,
* Revue des Deux mondes, article sur les %ouave$.
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