‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 159 sur 192 · PRISE DE CONSTANTINE · texte numérisé non relu

PRISE DE CONSTANTINE

Quand cette communication eut été faite, Tanxiété peinte sur les visages disparut aussitôt, et Taga en chef de la plaine, qui était présent à la réunion, se leva et dit au commandant Bedeau : « Si tu me promets de pareilles conditions pour les habitants de la plaine, et si elles sont exécutées, j'afBrme qu'avant huit jours le marché de Constantine sera mieux approvisionné qu'il ne Ta été au temps du bey'.»

Le général Yalée, en dictant les termes de cette capitulation, inaugurait la pensée du système qui devait, dans un temps donné, conquérir TAlgérie à la France. Eneflet, il substituait au gouvernement renversé par nos armes un gouvernement immédiatement possible et qui , avec les perfectionnements que devait apporter le temps, devenait un bienfait pour les populations indigènes, admises, dans une juste mesure, à participer à la direction de leurs affaires sous la surveillance de l'autorité française.

A Constantine, les effets de cette heureuse pensée se firent sentir sur^e-champ. Les grandes familles de cette province furent promptement amenées à une soumission devenue facile pour elles. La chute du gouvernement turc ne fut pas suivie, comme elle l'avait été à Oran et à Titery, d'une dangereuse anarchie. La domination française s'établit sur une contrée assez étendue, sans avoir à subir les frais d'entretien d'un effectif militaire considérable : elle put donner à la contrée le plus précieux des biens, la paix, et en jouir elle-même*.

* Documents inédits.

' Parmi les noms des officiers qui se distinguèrent k la prise de Constantine, le général Valéo cite en première ligne : M. le duc de Nemours, le lieutenant général baron de Fleury, les maréchaui de camp Trézel et Rulhiëres, le capitaine de Salles, major de tranchée. Dans TartlUerie : le colonel de Toumemine, les capitaines Courtois, le Bœuf. Dans le génie : les chefs d'escadron Vieux et de Villeneuve, les capitaines Niel et Boutault. Dans Tétat-major : le chef d'es. cadron Despinoy, les capitaines Borel. Mac-Mahon, deCrény, etc. Dans Tinfanterie : le colon(4 Combes, le lieutenant-colonel Lamoricière, des zouaves ; les diefs de bataillon Montréal, Bedeau, Leclerc; les capitaines Leraillant, de Garderens. Bourreaux, Saiut-Amand, <]anrobert, Mayran, Marulai, etc.

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SECONDE POASE : ESSAI D'UIiE TBANSACTION AVEC ABD^L-KADER.

Nous entrons, avec la prise de Gonstantine, dans la seconde période de notre domination en Afrique, celle de la paix relative qui suivit une première phase de luttes. On peut dire que le général Vatée rendit à la France un service plus signalé par la manière dont il organisa le gouvernement à Constantioe, que par la prise même de cette ville. S'il n'avait point fiscondé ainsi sa victoire, elle serait demeurée stérile pour nous, et le représentant de la nationalité arabe, l'heureux Abd-el-Kader, dont k puissance croissait de jour en jour, en aurait seul profilé, comme il profitait de la chute du gouvernement turc à Oran et à Titery ; de sorte que, dans ces deux provinces, nous semblions n'ayoir triomphé que pour lui. Abd*el-Kader avait espéré qu'il en serait de même à Constantine, et le général Damrémeiit, craignant que l'événement ne réalisât cette espérance, hésita un momeot à entreprendre une expédition désirée par cet habile adversaire.

C'est ici le moment d'exposer et d'expliquer les progrès .de cette domination, qui s'établissait de proche en proche dans tous les lieux où la chute du gouvernement turc, renversé par nos armes, ne laissait debout que l'anarchie, et de caractériser la situation de l'Algérie après la prise de Constantine.

Deux traités consacrant les succès militaires obtenus par Abdel-Kader avaient fait sa fortune politique. Le premier avait élé signé par le général Desmichels, commandant de la province d'Oran, qui, après avoir guerroyé quelque temps contre Abd-el- Kadcr, crut faire une chose utile en mettant un terme à des ex-

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